Commune de Forest

Histoire

Pendant l’Ancien Régime le village était administré par un échevinage qui dépendait en partie de l’abbesse de l’abbaye des Dames Nobles Bénédictines et pour une autre partie de la ville de Bruxelles. L’abbaye a joué un rôle important dans l’histoire de Forest pendant l’Ancien Régime.

La commune de Forest a été fondée comme entité administrative à part entière pendant la Révolution française et cette autonomie communale a été confirmée et renforcée par une loi du 27 Ventôse an VIII (18 mars 1800). Seulement entre 1942 et 1944, lorsqu’elle faisait partie du Grand Bruxelles, la commune n’avait plus d’autonomie politique.

Dans le courant du XIXe siècle, la population a décuplé (502 en 1800, 980 en 1830, 5885 en 1890). Géographiquement, la commune de Forest est caractérisée par un relief très accidenté. Dans les quartiers en hauteur se trouvaient les hôtels particuliers de luxe et les maisons de maître, tandis que la population ouvrière s’établissait dans les zones industrielles situées plus bas, près du chemin de fer. Dans cette partie, se sont développées les industries du cuir, de la bière, de la chimie et du fer. Généralement, les petites maisons ouvrières humides ne comprenaient que deux pièces, à savoir une cuisine au rez-de-chaussée et une chambre à coucher à l’étage. Jusqu’en 1939, les quartiers des ouvriers ont souvent eu à subir des inondations provoquées par la Senne. En 1892, une association de bienfaisance, créée à Bruxelles, s’est engagée à améliorer les conditions de logement de la classe ouvrière. À Forest, la situation s’est progressivement améliorée après la fondation, en 1910, de la société de logement social Le Foyer Forestois.

Forest a connu au cours du XXe siècle une importante urbanisation et la population est passée de 9500 habitants en 1900 à près de 40.000 en 1930 et 53.256 en 1975. Pour pouvoir affronter cet accroissement de la population, les cités jardins Kersbeek et Berkendael ont été aménagées. En 1919 la commune voulait une nouvelle maison communale, qui a été conçue par l’architecte Jean-Baptiste Dewin (1873-1948). Ouverte en 1938, cette maison communale est un bâtiment exceptionnel de style Art-Déco avec des décorations, des sculptures, des vitraux et des meubles bien particuliers. À partir des années soixante et septante, l’industrie a en grande partie disparu et Forest est alors devenue une commune résidentielle.

Les archives qui ont été produites avant l’ouverture de l’actuelle maison communale en 1938 étaient conservées à l’ancienne maison communale, datant de 1828 et se situant  à la chaussée de Bruxelles. Pour autant que nous sachions, la commune de Forest n’a jamais eu d’archiviste.

Collections

Les archives conservées à la commune sont, entre autres :

  • Des procès-verbaux du Conseil communal (depuis 1819) et du Collège (depuis 1865).
  • Les registres de la population depuis 1847.
  • Les archives de la milice depuis 1951.
  • Les dossiers des étrangers depuis le XIXe siècle.
  • Les registres de l’état civil depuis 1797.
  • Les permis de bâtir depuis le XIXe siècle

Les archives de la commune qui sont conservées aux Archives de l’État à Bruxelles comprennent entre autres :

  • Les budgets (1804-1983) et comptes (1812-1983).
  • Les comptes de la construction et de l’entretien de routes, voies navigables, pour l’enseignement.
  • Les documents relatifs aux églises à Forest
  • Quelques dossiers particuliers concernant des dépenses extraordinaires de la commune pendant les Première et Seconde guerres mondiales.

 

 

Gestion, conservation et numérisation des archives

En 1986 la commune a effectué un premier transfert de ses archives – essentiellement relatives aux finances –  aux Archives de l’État. En même temps, une autorisation a été donnée pour éliminer trois mètres de dossiers concernant des emprunts de 1898, 1905 et 1910 (avec des documents allant jusque l’année 1944).

De nombreuses archives se trouvent toujours à Forest, comme par exemple les documents du Conseil communal et du Collège, du service du personnel, de l’état civil, de l’urbanisme, de la population, de la police, de la gestion du patrimoine, de l’organisation des élections, de la milice, de la santé publique et de la vie économique. La plupart des archives se trouvent toujours dans les caves de la maison communale. Les archives des travaux publics et de l’urbanisme se trouvent quant à elles au n°112, chaussée de Bruxelles.

En 1986 et 1991, des inspecteurs des Archives de l’État ont insisté pour que les conditions de conservation sous les combles de la maison communale soient améliorées. Surtout d’anciens documents comptables y étaient conservés. En 2011, Harald Deceulaer a constaté que la situation au grenier de la maison communale n’avait fait qu’empirer. De nombreux carreaux étant cassés, la pluie, le vent et des pigeons pouvaient entrer sans problèmes. Gravement atteintes de moisissures suite à des inondations et sous l’effet d’excréments de pigeons, les archives ne pouvaient plus être sauvées… Aussi les Archives de l’État ont-elles donné l’autorisation de les éliminer. De toute façon, d’après le tableau de tri, la plupart de ces pièces étaient des documents qui n’entraient pas en ligne de compte pour une conservation permanente (justificatifs de comptes, registres de mandats, dossiers d’emprunts). Depuis lors, le grenier n’est plus utilisé comme local d’archives.

À l’été de 2013, un tri a été effectué dans les archives du service des finances, résultant dans une autorisation d’élimination de 35 mètres d’archives (entre autres des copies de budgets, des procès-verbaux des caisses, des paiements au personnel, des doubles des budgets du CPAS et d’anciens imprimés relatifs aux paiements des pensions). En même temps, quelques 16 mètres d’archives ont été triés pour une conservation permanente aux Archives de l’État à Bruxelles. Il s’agissait à nouveau de documents du service des finances, à côté de pièces de quelques autres services. Les transferts de 1986 et de 2013 ont été décrits dans un inventaire.

Pour autant que nous sachions, aucune action spécifique n’a été entreprise pour numériser les archives à ce jour.

Documentation et autres dépôts d’archives

Pour l’histoire de Forest à l’Ancien Régime il peut être fait référence aux archives du tribunal scabinal, qui sont conservées du XVe au XVIIIe siècle et qui peuvent être consultées aux Archives de l’État à Bruxelles. Ce même dépôt conserve aussi les archives de l’abbaye de Forest et les archives de l’église de Saint-Denis datant de l’Ancien Régime. Forest n’a pas sa propre Justice de Paix. De 1802 à 1849, Forest était du ressort de la Justice de Paix d’Uccle. De 1849 à 1890, la Justice de Paix d’Ixelles a repris la compétence de Forest, et après 1890, la Justice de Paix d’Uccle était de nouveau compétente pour Forest.

Pour l’histoire sociale des entreprises à Forest, le chercheur peut consulter les archives du Conseil prud’homal de Forest (1913-1928). Le Conseil prud’homal  de Forest a été aboli en 1928, et entre 1928 et 1970 le Conseil prud’homal de Bruxelles était compétent pour Forest. Après 1970, cette compétence a été reprise par le Tribunal du travail de Bruxelles.

Des archives relatives à Forest peuvent être trouvées dans les archives d’établissements exerçant une tutelle administrative sur la commune, comme la province de Brabant ou le ministère de l’Intérieur. À l’exception des anciennes archives de l’église Saint-Denis, les églises de Forest n’ont pas encore transféré de documents aux Archives de l’État : elles conservent les archives toujours sur place.

Depuis  1987 il y existe un Cercle d’Histoire et du Patrimoine de Forest. Pour plus d’informations, cliquez ici

Bibliographie sélective

  • DE PANGE I., In het hart van Vorst. Sint-Denijskerk, Abdij, Gemeentehuis, Bruxelles, 2008.
  • DE PANGE I., PIRLOT A-M., Vorst à la carte. Forest à la carte, Bruxelles, 2010.
  • HERDIES H., Situations sociales à la Belle Epoque à Forest, dans Le Folklore Brabançon, 195, 1963, p. 3-15.
  • HERDIES H., À la redécouverte du vieux Forest dans Le Folklore Brabançon, 165, 1965, p. 27-30.
  • MEYER-DESPIE A., DESPY G., ‘Vorst’, dans HASQUIN H. avec VAN UYTVEN R. et DUVOSQUEL J-M, Gemeenten van België, geschiedkundig en administratief-geografisch woordenboek, 2, Vlaanderen-Brussel, Bruxelles, 1980, p. 1381-1383.
  • NORO G., Forest, petite chronique d’une abbaye, Forest, 1989.
  • VERNIERS L., Histoire de Forest lez Bruxelles, Bruxelles, 1949.

Informations supplémentaires

  • Adresse: [maison communale] Rue du Curé 2 – 1190 Bruxelles
  • Téléphone: 02/370.22.11.
  • Mail: contact@forest.brussels
  • Site internet de la commune: lien

 

Harald Deceulaer – Archives de l’État © Tous droits réservés