Jumelages

Woluwe-Saint-Pierre et ses jumelages

La politique de jumelage de la Commune de Woluwe-Saint-Pierre a pour objectif de contribuer au développement et à l’amélioration du bien-être des populations concernées par l’échange d’expériences et de connaissances dans les domaines culturel, administratif et économique. La Commune a six jumelages et deux partenariats en Europe (Pecica en Roumanie), en Afrique (Kamonyi au Rwanda ; le Nord Kivu en République Démocratique du Congo ; l’Arrondissement n°3 de Ouagadougou au Burkina Faso), en Amérique du Nord (New Iberia en Louisiane) et en Asie (le district de Gangnam, Seoul, en Corée du Sud ; le district de Chaoyang, Pékin, en Chine).  La gestion des jumelages et des projets de coopération a été confiée par la Commune à l’ASBL communale « Jumelages et Partenariats ».

Si certains jumelages sont plus actifs que d’autres, il n’est pas rare qu’une délégation de l’un d’entre eux rende visite à Woluwe-Saint-Pierre afin de réaffirmer les liens d’amitié existant entre les deux entités.

Les jumelages les plus actifs concernent essentiellement les partenariats africains, pour lesquels la Commune a obtenu des subsides extérieurs de la Coopération belge au développement ou de l’Union européenne.

Musambira, district de Kamonyi (Rwanda)

Le jumelage le plus ancien est celui avec Musambira, district de Kamonyi au Rwanda. La signature du protocole de jumelage avec le Rwanda date du 30 juillet 1970 à l’initiative du bourgmestre de l’époque, François Persoons, et a été renouvelé en octobre 2002.  Le choix s’était porté sur la commune rurale de Musambira à une trentaine de kilomètres de Kigali, mais suite à plusieurs réformes administratives au Rwanda le jumelage s’est étendu aux communes proches.

 [District de Kamonyi, © service des relations internationales de Woluwe-Saint-Pierre]

 

Durant plus de cinq décennies, la Commune de Woluwe-Saint-Pierre a apporté une aide matérielle en travaillant en collaboration avec des ONG Locales (ABR – Association Belgique Rwanda ; APROJUMAP – Association pour la Promotion des Jumelages et de l’Amitié entre les Peuples).

Les années 1970 à 2002

Woluwe-Saint-Pierre a participé :

  • A la construction d’un centre de santé dont les activités se sont étendues au fil des années, notamment grâce à l’électrification de Musambira en 2011 ;
  • À l’installation d’une adduction d’eau qui a fait l’objet d’extensions au cours des années ;
  • A la construction d’une ferme pilote de petit élevage (lapins…) et mise en place d’un projet d’apiculture ;
  • A la création d’un crédit chèvre qui va permettre aux paysans d’acheter une chèvre à crédit et de la rembourser avec les produits de la chèvre.

[Musambira centre de santé construit en 1970, © service des relations internationales de Woluwe-Saint-Pierre]

 

Lors du génocide de 1994, le collège échevinal a soutenu la population jumelée par la signature d’une motion de soutien et le vote d’un crédit communal pour venir en aide à l’entité de Musambira et aux victimes du génocide.  Ce crédit a entre autres permis la création du COCOF – Comité Consultatif des Femmes pour soutenir les veuves ou femmes isolées à s’entraider, se former et créer des petites coopératives agricoles et artisanales.  Cette association existe toujours.

Les années 2000 à 2010

Au cours de cette décennie, le Rwanda a connu plusieurs restructurations administratives qui ont modifiés les frontières du jumelage en l’étendant aux communes voisines de Musambira, qui depuis, font parties de la zone d’intervention de Woluwe-Saint-Pierre.

En 2004, un projet financé par la Coopération belge via le Programme de Coopération internationale communale (CIC) a permis de renforcer la gouvernance locale par l’apport de logiciels de gestion communale (état civil et comptabilité) et de former les agents communaux à l’utilisation de l’outil informatique.

En 2005, une opération « rendre la vue à un malvoyant qui s’ignore » a été mise en place.  Une récolte de lunettes a été organisée à Woluwe-Saint-Pierre et envoyée à Musambira.  Un ophtalmologue bénévole a examiné les volontaires et leur a remis des lunettes correspondant leur problème de vue.

[Récolte de lunettes et examen de la vue par un ophtalmologue en février 2005, © service des relations internationales de Woluwe-Saint-Pierre]

 

Les années 2010 à 2013

De 2010 à 2013, la Commune de Woluwe-Saint-Pierre a obtenu un subside européen pour la mise en œuvre du projet « Éducation pour tous », axé sur le rattrapage scolaire pour des jeunes ayant dû quitter l’école. L’objectif du projet était :

  • d’augmenter la qualité et l’accessibilité de l’éducation de base pour tous en associant les parents dans la gestion de l’école et de lutter contre l’abandon scolaire en incitant les parents à inscrire leurs enfants à l’école.  Un réseau d’animateurs de l’éducation, sillonnant les villages et rendant visite aux familles, a été créé pour ce faire.
  • d’accompagner et de former les comités de parents à la gestion d’une école, par le renforcement de leurs compétences et l’utilisation de méthodes adaptées à chaque comité afin d’utiliser les moyens de l’école efficacement dans l’amélioration de l’accessibilité et de la qualité de l’enseignement.

Le nombre d’inscriptions aux classes de rattrapage a été au-delà des expectations.  Sur les trois années, 995 jeunes se sont inscrits dans les 3 niveaux des classes (un cycle 1e et 2e primaires, un cycle 3e et 4e et un cycle 5e – 6e). Le projet a été conclu avec un taux de réussite scolaire de 80% sur les 3 ans.

 [Une des classes de rattrapage en 2010-2013, © service des relations internationales de Woluwe-Saint-Pierre]

 

De 2013 à ce jour

Depuis 2013, la Commune finance des projets plus ponctuels, souhaités et proposés par le comité de jumelage rwandais, tels que l’installation dans les centres scolaires de bancs, de latrines, de citernes d’eau ou de systèmes de captation d’eau ; l’achat de matériel médical pour les centres de santés ; la réfection de ponts piétonniers… Elle participe également aux frais de gestion administrative de l’Aprojumap, chargée de la mise en œuvre des actions sur le terrain.

[Les classes de rattrapage et le centre de petit élevage (centre construit dans les années 70 et réhabilité en 2010, © service des relations internationales de Woluwe-Saint-Pierre]

 

Au cours de ses 54 années d’existence, les relations d’amitié et de coopération du jumelage Woluwe-Saint-Pierre et Musambira/Kamonyi, tout en ayant traversé des périodes un peu difficiles, n’ont fait que se renforcer.

Merci à Catherine Deroover du service Coopération, Relations internationales et européennes et Droits humains pour la rédaction de son article.

L'eau dans tous ses états

Le Neptunium

Avant le Neptunium, la commune de Schaerbeek avait déjà eu la chance de posséder un bassin de natation public, celui de la rue Kessels. Mais devenu vétuste, celui-ci a fermé en 1940 puis été détruit. Dans les années 30, un projet privé de créer une piscine ainsi qu’une patinoire le long du boulevard Lambermont avait également été mis sur la table, mais était resté sans suite. Les petits schaerbeekois pouvaient cependant encore apprendre à nager dans le bassin scolaire situé dans le groupe scolaire Josaphat et qui existait déjà depuis 1907.

[Ruines du bain rue Kessels, photographie, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

En 1946, à l’initiative de d’Emile Xhignesse, échevin des Travaux, le projet de construire une piscine flambant neuve voit le jour. Le choix de l’emplacement se porte sur le site de l’ancien abattoir communal, détruit en grande partie après la Première guerre mondiale. La conception de l’édifice est confiée à l’architecte Laurent Senterre. Les plans sont plusieurs fois remaniés (certains plans prévoyaient une entrée sur l’avenue Voltaire) avant d’être approuvés par le Conseil communal. La première pierre est posée le 22 mai 1950. Le chantier est long et ce n’est que le 17 décembre 1957 que le bâtiment est enfin inauguré. Pour l’occasion, une grande compétition internationale est organisée.

[Plan d’avant-projet de façade (non réalisé), Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Plan de la façade, 1949, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Plan d’ensemble, 1949, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Plan coupe, 1949, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Le Collège approuvant le projet, 1949, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Cérémonie de la pose de la première pierre, 1950, photo, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Affiche pour l’inauguration, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

Le Neptunium est construit dans un style moderniste d’inspiration « paquebot ». L’ensemble fait environ 4300 m2. Dans le grand hall d’entrée, on peut admirer une mosaïque réalisée par l’artiste schaerbeekois Géo de Vlamynck (1897-1980) agrémentée d’une sculpture de Stan Hensen (1923 – 2010). Le grand bassin fait 33,33 mètres sur 16 mètres, ce qui correspondait à l’époque de sa construction aux dimensions olympiques. A côté, on trouve un bassin plus petit de 16 mètres sur 8 mètres, orné d’une sculpture de Réné Harvent représentant une otarie. Tout autour du bassin et sur deux niveaux, des cabines avec hublots peuvent accueillir plusieurs centaines de nageurs en même temps. Sa façade sud est constituée d’une large baie vitrée (ancienne terrasse solarium) qui fait entrer la lumière dans le bassin. Au premier étage, on trouve un bar. Une plaque en l’honneur de Xhignesse est aussi apposée dans le hall d’entrée.

[Mosaïque de Géo de Vlamynck]

[Le grand bassin, photos, années 70, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Le petit bassin, photo, année 70, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Otarie de René Harvent]

[Plaque en hommage à Emile Xhignesse]

 

Dans les années 60 et 70, le bassin accueille les entrainements du CNS (Cercle de Natation de Schaerbeek) et certains de ses nageurs s’illustrent lors de compétitions nationales et internationales, comme Agnès Van Obberghen, 25 fois championne de Brabant ou Geza Ogonovski, vice-champion de Belgique de 100 mètres crawl. Malheureusement à partir des années 80, la piscine ne correspond plus aux standards des compétitions. Le Cercle fusionne alors avec celui de Neder over Heembeek (CRNSN) et s’entraîne le plus souvent aux bains de Laeken et de Neder, tout en gardant quand même un ancrage à Schaerbeek.

Lieu d’espace social et récréatif, pour bien des jeunes enfants, le Neptunium est aussi le lieu où ils ont appris à nager avec leurs camarades de classe. Avec la multiplication des vagues de chaleurs, la piscine ne pourra qu’être un refuge de fraîcheur bienvenu pour tous les schaerbeekois pour de longues années encore.

© Archives communales de Schaerbeek – Tous droits réservés

Bâtiments restaurés et réhabilités, Fêtes et évènements

Le centre sportif de Saint-Gilles, ancienne distillerie CUSENIER

Le centre sportif de Saint-Gilles a ouvert ses portes en 1993 et accueille des milliers de visiteurs chaque année. Les curieux remarqueront cependant que le bâtiment est bien plus ancien. Ils peuvent lire « MAISON FONDÉE EN 1881 PAR E. CUSENIER FILS AINÉ » sur une stèle au-dessus de la porte d’entrée. Mais qui était ce Cusenier ? Pour répondre à ces questions, rendons-nous à 500 kilomètres au sud, dans le Doubs en Franche-Comté au milieu du 19e siècle.

C’est à l’âge de 26 ans que le français Eugène Cusenier se lance dans la fabrication de liqueurs spiritueuses. Il établit une première distillerie en 1857 à Ornans, son village natal. Il connait ensuite un succès phénoménal. Devenue la grande distillerie E. Cusenier, Fils aîné et Cie les comptoirs et usines se multiplient au fil des décennies pour répondre à la demande des consommateurs : Paris, Marseille, Mulhouse, Londres, Bruxelles, Buenos-Aires, Montevideo et Mexico. On y fabrique tous les spiritueux imaginables de l’époque : anisette, crème de cassis, crème de menthe, marasquin, curaçao, prunelle, mandarinette, cherry, brandy, kirsch, absinthe mais aussi des sirops, des grogs et des punchs. Le marché des spiritueux est en pleine expansion et Eugène Cusenier se fait une fortune.

Une vingtaine d’années après sa fondation en France, les établissements Cusenier s’installent en Belgique. La société anonyme La Grande Distillerie Belge Cusenier est créée et acquiert un terrain à bâtir en 1881. Celui-ci se trouve aux abords de la gare du Midi où se concentrent de nombreuses usines, fabriques, maroquineries et brasseries. Le permis de bâtir est délivré la même année, l’autorisation après enquête commodo-incommodo pour les établissements dangereux et insalubres, l’année suivante.

[Demande d’Eugène Cusenier au nom de La Grande Distillerie Belge Cusenier pour obtenir l’autorisation d’établir une fabrique de liqueurs avec chaudière à vapeur et un dépôt de 2.000 litres d’alcool, 1881. Dossier 3357, INVENTAIRE DES ARCHIVES DU SERVICE DE L’HYGIENE (SERIE RELATIVE AUX ETABLISSEMENTS INSALUBRES, DANGEREUX ET INCOMMODES), Archives communales de Saint-Gilles]

 

[Plan de la distillerie à construire, 1881. Dossier 3357…]

 

[Coupe transversale, 1912. Dossier 3357…]

 

[Coupe longitudinale, 1912. Dossier 3357…]

 

[Détail du rez-de-chaussée où l’on aperçoit les appareils distillatoires, les bassines, les réservoirs à eau, les fûts, etc., 1912. Dossier 3357…]

 

[Appareils distillatoires installés au fond du grand hall, plan de 1912. Dossier 3357…]

 

[Entête illustrée de La Grande Distillerie Belge, 1895. DEBOUVERIE Alphonse, Vie économique à Saint-Gilles… des origines à demain, Saint-Gilles, Syndicat d’initiative, 1993, p.117]

 

[Vue intérieure de la distillerie, s.d. DEBOUVERIE Alphonse, op.cit.]

 

[Affiche voor La Grande Distillerie Belge (Cusenier), Brussel, ca. 1900. Jenevermuseum, Hasselt. Foto: Dominique Provost]

 

[Collectie Centrum Agrarische Geschiedenis (CAG)]

 

[Article relatif à l’Exposition universelle d’Anvers de 1894. Journal de Bruxelles, 12 septembre 1894, p.1. Source Belgicapress]

 

[Façade rue de Russie, années 1980. CIVA Collections, Brussels]

 

[Cour arrière et entrée des camions rue d’Angleterre, années 1980. CIVA Collections, Brussels]

 

Vers la fin des années 1980 les travaux du métro à Saint-Gilles obligent la distillerie à quitter le bâtiment de la rue de Russie. Suite à la démolition de tout un pan de la rue d’Angleterre dont l’entrée des camions de la société, la Commune envisage d’y reconstruire des maisons ainsi qu’une salle omnisports. Celle-ci serait rattachée aux anciens établissements Cusenier que la Commune acquiert en même temps. Le tout devrait offrir un complexe sportif moderne aux Saint-Gillois. L’ancienne distillerie est profondément transformée et ouvre ses portes en 1993. On y trouve aujourd’hui deux halls, des salles de fitness, de psychomotricité, d’arts martiaux et d’escalade, en plus de logements sociaux à l’étage.

[Plan de la façade, rue de Russie 41. Demande de permis d’urbanisme pour la transformation du bâtiment, 1991. Archives urbanistiques de Saint-Gilles.]

 

[Façade du centre sportif communal, rue de Russie 41. Clichés personnels, 2023.]

 

[Grille de fenêtre en fer forgé avec les lettres « DB » pour Distillerie Belge. Cliché personnel, 2023]

 

[Partie supérieure de l’ancien laboratoire. Cliché personnel, 2023]

 

[Vues des caves où étaient stockés les spiritueux. Des panneaux y sont encore affichés. Clichés personnels, 2023]

 

 

© Archives communales de Saint-Gilles

Bâtiments restaurés et réhabilités, Fêtes et évènements

KVS : du commerce à l’art, un entrepôt devenu théâtre

Le Koninklijke Vlaamse Schouwburg (KVS) est le théâtre néerlandophone bruxellois. Il est abrité dans un bâtiment de style néo-Renaissance flamande au nord du Pentagone, au n°7 du Quai aux Pierres de Taille. Avant de devenir un lieu culturel, ce bâtiment a connu d’autres affectations bien éloignées.

Au milieu du 18e siècle, le Gouvernement général met en place dans nos régions une législation pour l’entreposage des marchandises qui privilégie les magasins « généraux » au détriment des magasins de particuliers. L’ordonnance du 1er mars 1755 de Charles de Lorraine prévoit un entrepôt à Bruxelles. Cependant, c’est au Magistrat que revient la responsabilité de mettre un bâtiment ou un emplacement à disposition de ce projet. Il loue durant 2 ans un bâtiment de plusieurs étages le long du Quai au Foin pour installer ce premier lieu de stockage. Ce n’est qu’en 1779 que le Conseil des Finances charge l’architecte Rémy Nivoy de la construction d’un bâtiment entièrement dédié et prévu pour l’entreposage des marchandises. La ville est ainsi dotée de son premier entrepôt municipal.

[Choix de l’emplacement de l’entrepôt, lettre du Gouverneur général Charles de Lorraine adressée au Magistrat, 9 décembre 1779, Archives historiques (Liasse n°512), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

L’entrepôt est construit entre 1780 et 1781 à l’emplacement de l’ancien marché aux bestiaux, entre la rue de Laeken et le bassin au Foin. Pour aider au chargement et déchargement des bateaux, une grue est installée en 1783 devant le bâtiment. Toutes sortes de marchandises y sont stockées : épices, riz, fruits secs, indigo, savon, plomb, ivoire, mais surtout du sucre, du café, du vin et des eaux-de-vie.

[Ancien arsenal de Bruxelles, photographie par Ed. Fierlants et Cie, [1860-1869], Collection iconographique (J-1337), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

[Localisation de l’arsenal et du nouveau dépôt, plan, 1853, Collection cartographique (plan de Bruxelles n°89), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

Durant l’occupation française, les frontières, ainsi que la réglementation douanière, sont modifiés. L’entrepôt est supprimé et le bâtiment est utilisé comme magasin pour les fourrages des troupes. Le régime hollandais restaure les droits sur les marchandises et la fonction douanière du bâtiment. En 1846, en raison de modifications importantes dans le quartier et la construction en 1843-1844 d’un nouvel entrepôt plus grand et adapté aux nouveaux besoins, le premier entrepôt est désaffecté. Il est mis à la disposition du Ministère de la Guerre qui le transforme en arsenal militaire.

[Façade arrière du théâtre intégrant l’ancienne façade de l’arsenal, photographie, [20e siècle], Collection iconographique (C-3207), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

[Façade principale du théâtre, plan, [1883-1887], Travaux publics et Urbanisme (PP 2272), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

À la même époque, plusieurs tentatives d’établissement de manière permanente d’une compagnie de théâtre flamand sur le territoire de Bruxelles sont menées. Elles n’aboutissent pas, jusqu’à ce que l’Administration de la Ville charge en 1883 l’architecte Jean Baes de transformer l’ancien arsenal en théâtre avec pour seule contrainte de préserver la façade principale, du côté du Bassin de l’Entrepôt. Le bâtiment inauguré en 1887 comporte des matériaux modernes, dont l’acier, et a profité des nouvelles techniques, entre autres, pour l’installation du système d’évacuation et de prévention d’incendie. Le « Vlaamse Schouwburg » reçoit son titre royal par Léopold II en 1894. Son intérieur est détruit par un incendie en 1955. Il réouvre en 1958 suite aux travaux de reconstruction d’après les plans des architectes A.-J. Doncker et R.F. Michiels. L’intérêt patrimonial du bâtiment mène à son classement en 1993.

[Opposition face au choix de la localisation du théâtre flamand, pétition, 26 juin 1882, Instruction publique (IP II 2980), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

[Intérieur du théâtre et scène, coupe, [1883-1887], Travaux publics et Urbanisme (NPP L1 7/7), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

[Pièce « De Waaier » de Goldoni, affiche, [1957-1958], Collection iconographique (Affiche-245), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

[Saison 1956-1957, programme, [1956], Fonds Fauconnier (59-15), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

© Archives de la Ville de Bruxelles

Bâtiments restaurés et réhabilités

Les visages multiples du complexe Fernand Bernier 40 à Saint-Gilles

Au début du XIXe siècle, le complexe Fernand Bernier n’existait pas encore, mais le terrain sur lequel il sera ultérieurement construit, abritait initialement l’abattoir de Saint-Gilles. Les activités d’abattage à Bruxelles étaient bien intégrées à la vie urbaine, puisque des abattoirs spécifiques étaient situés dans le centre de la ville. En 1838, la Ville de Bruxelles créa un abattoir plus décentralisé pour plusieurs raisons : odeurs, bruit et normes d’hygiène.

L’abattoir de Saint-Gilles était entouré de trois rues : la rue de Bethléem, la rue de Bosnie et la rue de Monténégro. Le 18 mai 1899, le conseil communal de Saint-Gilles faisait le point sur la situation de l’abattoir saint-gillois. Au centre de la discussion était l’ouverture d’une nouvelle rue le long du mur de l’abattoir, entre les rues de Bethléem et de Monténégro. L’idée d’entourer l’abattoir de propriétés avait enflammé le collège communal, notamment le conseiller Delpierre. Selon lui, les installations de cette nature devraient être établies aussi loin que possible des centres habités, et il demandait le démantèlement immédiat de l’abattoir, si nécessaire. Pour le bourgmestre Ferdinand Vanderschrick, avoir un abattoir propre à Saint-Gilles était une nécessité qui encadrerait les activités des bouchers de la commune.  Après le décès du bourgmestre Fernand Bernier en 1929, la rue de Bethléem a été renommée en son honneur, tandis que la rue de l’abattoir est désormais connue sous le nom de rue du Tir.

[Plaque commémorative à Fernand Bernier sur la façade du CPAS de Saint-Gilles]

 

Au début du XXe siècle, le service du gaz et de l’électricité de Saint-Gilles fut créé. Le 1er septembre 1901, l’exploitation en régie du service du gaz commença , la particularité de cette inauguration était que l’usine se trouvait sur le territoire de la commune d’Anderlecht, entre la rue du Cerf et le canal de Charleroi à Bruxelles. Les installations étaient reliées à la gare de Forest-Midi par un branchement ferré.

Le jour de l’inauguration, sous un grand chapiteau finement décoré et érigé devant le bâtiment arborant des drapeaux, les invités ont été accueillis par le bourgmestre Maurice Van Meenen, plusieurs conseillers communaux et le futur directeur de l’usine à gaz. Ensuite, le bourgmestre a présenté un aperçu des activités de l’usine. Il a rappelé, l’importance de la date du 26 janvier 1897, jour où le conseil communal a décidé, par 24 voix contre 3, de construire l’usine par ses propres moyens. Il évoque également que le 9 septembre 1897, après d’interminables débats, le conseil communal avait décidé de mettre les travaux en adjudication. Les participants au concours, poursuit-il, furent très nombreux, mais seuls trois d’entre eux présentèrent des projets complets, pour des montants totaux respectivement  de 1.500.000 frs, 3.500.000 frs et 4.500.000 frs.

De toute évidence, il y avait une grande différence entre ces projets. August Klönne, ingénieur allemand et entrepreneur en construction d’acier et de ponts à Dortmund, remporta le contrat et, à partir du 1er septembre 1901, les habitants de Saint-Gilles ont pu être approvisionnés en gaz depuis l’extérieur de la ville.

[Construction de l’usine du gaz, 1901, Brochure d’entreprise August Klönne. Dortmund, Pag 23, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

D’abattoir désaffecté à Régie d’électricité

Le 1er juillet de la même année, ont commencé les travaux qui devaient transformer l’ancien abattoir désaffecté, situé à la rue Bethléem 32, en une belle et vaste usine d’électricité dont la puissance installée était de 19.500 KW.  TQuant aux bureaux administratifs destinés aux relations avec la clientèle (demandes de placements, vente et location d’appareils), ils seraient établis à la Chaussée de Waterloo 43. Le 15 décembre 1901, le bourgmestre soulignait, dans son discours d’inauguration de l’usine à gaz, l’importance de créer cette centrale d’électricité.

Quelques mois plus tôt, en date du 26 mars 1901, le projet avait été adjudiqué à la Société anonyme de Matériel et d’Installations électriques G. Boty pour la construction et l’exploitation de l’usine. Une grille monumentale donnait accès direct dans la cour de l’usine, au moyen d’une entrée charretière et d’une entrée réservée au public.

Le bâtiment principal était composé par le bureau de la direction, la salle des accumulateurs, la salle des batteries et un deuxième bâtiment relié (Rue Bosnie) contenait la salle des chaudières, la soute à charbon et les divers magasins, le tout occupant une surface d’environ 1360 m². Derrière les bâtiments se trouvaient le réfrigérant de type souterrain, système Zschock, et la cheminée.

[Salle de chaudières de la centrale électrique à Rue Fernand Bernier 40, Date inconnue, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Le réfrigérant se composait d’une partie souterraine en maçonnerie de briques mesurant 15 mètres de long sur 7m50 de large et 7 mètres de profondeur. Un plan incliné en même maçonnerie retenait les terres très instables en raison des sources naturelles qui traversaient les terrains de l’usine à cet endroit. Cette partie en maçonnerie était surmontée d’une cheminée en bois de sapin recouverte d’un enduit la protégeant des intempéries.

[Cheminée de la centrale électrique à Rue Fernand Bernier 40, Date inconnue, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

La salle des machines comprenait deux machines système Walschaert-Menning, du type horizontal compound, à cylindres jumelés tournant à 120 tours et une distribution par soupapes équilibrées. Le tableau, placé de manière à occuper le centre de la salle des machines, était divisé en neuf panneaux distincts, chacun commandant un élément spécifique de la station.

[Salle de machines avec le système Walschaert-Menning, Date inconnue, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Le service offrait des abonnements à tous les propriétaires, usufruitiers ou titulaires d’un droit réel d’usage ou d’habitation résidant le long du parcours du réseau de distribution.

[Cabines d’alimentation d’électricité dans les ateliers des Régies, vers 1901, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

[Logo de la Régie d’électricité R.D.E, s .d, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Les Régies du gaz et d’électricité fusionnées

L’électricité était vendue par kilowattheure et le prix était fixé par le Conseil communal. En 1953, le bourgmestre Jacques Frank a été désigné par le Conseil communal de Saint-Gilles comme gestionnaire responsable des deux régies assurant la distribution de l’électricité et du gaz. Les deux entreprises industrielles communales jusque-là distinctes ont été alors regroupées en une seule unité de gestion et de direction. Le regroupement eut lieu dans l’ensemble des locaux de la rue Fernand Bernier 40, où de grands espaces ont été libérés par l’arrêt définitif des installations de production, notamment les chaudières et les turbogénérateurs à courant continu.

[Siège industriel et administratif des deux régies centralisées, Notice sur les régies d’électricité et du gaz, 1953, Collection privée P. Debouverie]

 

Pour Jacques Frank ses objectifs étaient clairs :  réorganiser les services, et en particulier créer un bureau d’études capable d’assurer aux Régies leur totale autonomie. En 1973, ses objectifs étaient atteints, les résultats économiques remarquables ont permis d’appliquer à Saint-Gilles des baisses tarifaires d’une ampleur exceptionnelle sur l’électricité.

L’immeuble fut occupé par les Régies de la Commune de Saint-Gilles jusqu’en 1985, et une partie des locaux étaient exploités partiellement par les sociétés INTERCOM/SIBELGAZ.

[Visite du bourgmestre Jacques Franck à la centrale électrique, 1963, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

D’un bâtiment industriel à administratif

En mai 1986, Albert Eylenbosch, président de la Commission d’Assistance Publique et également employé des régies, cherchait une centralisation des locaux de la CAP qui était alors établie à la Chaussée de Waterloo 255 (avec une antenne Chaussée de Forest 53). Les locaux des régies lui semblèrent idéales Le déménagement commença à la fin de l’année 1986 et s’acheva au cours de l’été 1987

[Plan des travaux du complexe Fernand Bernier 40 transmis à Albert Eylenbosch, 1987, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Le complexe Fernand Bernier fut encore transformé à plusieurs reprises et, malgré les rénovations qu’il a subies, le bâtiment conserve des traces de son passé industriel. Il abrite encore aujourd’hui le CPAS de Saint-Gilles et le charroi communal.

[Salle de réunion Albert Eylenbosch au CPAS de Saint-Gilles, Photos F.J.]

[Plaques commémoratives dans le cadre des régies au CPAS de Saint-Gilles]

 

Sources

BERNIER, F., Monographie de Saint-Gilles-lez-Bruxelles, P. Weissenbruch, Bruxelles, 1904.

Article « Un abattoir en ville », Bruxelles en mouvement, n° 256, 2012.

Article du journal l’Etoile Belge, « Aug. Klönne · Dortmund », 1901.

Archives communales de Saint-Gilles.

Collection privée P. Debouverie.

 

 

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Bâtiments restaurés et réhabilités

Cinéma Pathé Palace

À sa construction en 1913, le « Pathé Palace » s’impose d’emblée comme le plus grand lieu culturel de Bruxelles. Voulu par Charles Pathé comme un lieu culturel polyvalent, sur le modèle des salles de Music-Hall italiennes, il peut accueillir 2.500 personnes et se compose  d’un parterre en deux parties, de deux balcons, de diverses salles annexes et d’un vaste bar aux décorations de style « Mauresque » situé dans les sous-sols. Conçu par l’architecte Paul Hamesse, disciple de Paul Hankar, le bâtiment est représentatif du style Art nouveau tardif, annonçant les prémisses de l’Art Déco, tout en conservant des éléments du style Eclectique de son prédécesseur, l’Hôtel des Ventes, construit en 1880-1881.

[Plan de la façade existante, permis d’urbanisme « Construction d’une salle de spectacle », TP 25458, 1913, A.V.B]

 

Dès 1929, les premiers travaux de modernisation sont engagés, notamment en raison de l’arrivée du cinéma parlant : des hauts parleurs sont ajoutés, l’acoustique est améliorée, et la partie de la fosse qui accueillaient l’orchestre est comblée avec de nouvelles rangées de sièges.

[Affiche de cinéma pour le film « Chouquette et son As », Pathé Palace, Boulevard Anspach 85, Bruxelles, 1920, IV-11, A.V.B]

 

En 1950, les décorations « à l’italienne » disparaissent pour améliorer la fluidité de la circulation, mais certaines restent visibles aujourd’hui, notamment dans le « Foyer Hamesse ».

[Photos du Pathé Palace 1950, dossier « historique », permis d’urbanisme « Réaffecter le Palace en un pôle cinématographique », TP 114197, 2009, A.V.B]

Malheureusement, en 1973, le cinéma ferme ses portes, et le lieu est progressivement laissé à l’abandon, malgré plusieurs changements d’utilisation (commerces, logements, showroom, etc.). De nombreux éléments intérieurs sont démolis, y compris le parterre qui sera transformé en parking.

[Photo de la facade, permis d’urbanisme « Démolition d’une marquise », TP 74121, 1965, A.V.B]

 

En 1997, les façades et le foyer Hamesse sont classés par la Commission Royale des Monuments et Sites, et le bâtiment retrouve en 1998 sa fonction initiale de salle de cinéma grâce au projet Kladaradatsch !, mais ferme de nouveau ses portes en 2000.

Si le Théâtre National de Belgique s’y installe temporairement en 2002, il faudra attendre que la Communauté française, nouveau propriétaire du bâtiment, lance en 2004 un appel à projet pour la réaffectation du lieu en cinéma d’art et essai. C’est l’ASBL « Le Palace », présidée par le cinéaste Luc Dardenne, et soutenue par nombreux acteurs du milieu cinématographique belge, qui remporte cet appel.

Devant l’ampleur de la tâche, il faudra de nombreuses années pour concevoir et lancer les travaux de réhabilitation du bâtiment. La volonté d’Alain Richard, architecte du projet, sera de « créer du vide » , afin de redonner aux lieux une cohérence perdue par les nombreuses réaffectations, notamment en travaillant autour de la lumière naturelle.

[Photos avant restauration, date inconnue, dossier « historique », permis d’urbanisme « Réaffecter le Palace en un pôle cinématographique », TP 114917, 2009, A.V.B]

 

Le projet est lancé en 2009, les travaux en 2012, et après 5 ans de travail, le cinéma peut enfin ouvrir ses portes en 2018.

Désormais composé de quatre salles, un restaurant et de multiples espaces conçus pour accueillir tous types d’évènements culturels , le Palace retrouve sa place de haut-lieu du cinéma et de la culture au sens large à Bruxelles. Malgré les destructions et restaurations successives, le coq, emblème de la société « Pathé » et présent dès la construction du bâtiment, trône toujours à son sommet.

[Plan de la façade projetée (détail), permis d’urbanisme « Construction d’une salle de spectacle », TP 25458, 1913, A.V.B.]

 

Sources :

Historique sur le site du Palace

Page dédiée au bâtiment sur l’Inventaire du patrimoine architectural :

Page dédiée au bâtiment sur Wikipedia

 

© Archives de l’Urbanisme, Ville de Bruxelles – Tous droits réservés

Bâtiments restaurés et réhabilités

L’école primaire n°7 à Schaerbeek

C’est en 1874 que le Conseil communal approuve la construction d’une école située rue Josaphat. Les plans sont dressés par l’architecte communal Hippolyte Jaumot. Est alors érigé un bâtiment à rue comprenant un logement pour la direction, complété en intérieur d’îlot par un long bâtiment perpendiculaire au bâtiment à rue. Dans une lettre datée du 6 décembre 1875 et adressée au Bourgmestre Guillaume Kennis, l’inspecteur provincial se montre très enthousiaste : « je me plais à reconnaître que l’installation vraiment somptueuse de cette école ne le cède en rien à tout ce que j’ai vu dans les pays étrangers, notamment en Suède et dans la Saxe royale où l’enseignement primaire est passé à un très haut degré d’avancement. Votre administration a tout disposé pour assurer un flot de lumière, une ventilation convenable et un chauffage méthodique des classes, joints à une facilité très grande de dégagements pour la sortie et l’accès aux préaux de l’établissement ».

[Ecole 7, plan, 1913, Archives communales de Schaerbeek]

 

Entre 1891 et 1893, deux ailes latérales sont ajoutées au bâtiment principal à rue pour faciliter encore plus les accès. Si l’école ne propose pas un enseignement mixte à proprement parlé, le bâtiment accueille néanmoins aussi bien les filles que les garçons, qui disposent donc de leurs entrées et préaux propres. En, cela elle diffère de ses consœurs contemporaines, comme par exemple l’école n°1 réservée uniquement aux garçons ou encore l’école n°2 réservée aux filles.

[Ecole 7, carte postale, Archives communales de Schaerbeek]

 

Comme toutes les écoles de Schaerbeek, elle subit des travaux d’agrandissement pour pouvoir accueillir sa population scolaire toujours croissante. En 1900, des bâtiments réservés aux classes du nouveau jardin d’enfants sont construits. Un petit gymnase est aménagé en 1911. En 1913, un ambitieux projet de surélévation des bâtiments existants est envisagé, mais, probablement dû au déclenchement de la guerre, le projet est définitivement abandonné. Cependant, en 1928 est construit un bâtiment provisoire à colombages qui sera par la suite démoli.

[Projet d’agrandissement de l’école, plan, 1913, Archives communales de Schaerbeek]

[Ecole 7, photographie, sd, Archives communales de Schaerbeek]

 

Dans les années 1980, Schaerbeek traverse une chute démographique sur son territoire, si bien que les inscriptions à l’école n°7 sont en baisse. En 1985, il est décidé de procéder à la fusion de l’école avec sa voisine, l’école n°1 située également rue Josaphat. Les bâtiments désertés par l’école sont largement rénovés au cours des années 1990, en même temps que l’aménagement du parc Rasquinet (du nom d’une ancienne usine de pédales à vélo qui se trouvait à cet emplacement). Dès lors, une consultation de l’Office de la naissance et de l’enfance s’installe dans le bâtiment à rue, de même qu’une crèche et des logements sont aménagés dans les bâtiments en intérieur d’îlot.

 

Sources:

Inventaire du patrimoine architectural.

 

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Bâtiments restaurés et réhabilités

Le château Malou

Si l’on veut traiter de l’histoire du château Malou, il faut avant tout évoquer le personnage d’Albert Preudhomme. Au XVIIème siècle, celui-ci est propriétaire d’un domaine rural qu’il sera amené à céder en 1654 au Mont-de-Piété pour la somme de 19.000 florins. La propriété est ensuite revendue aux Jésuites puis acquise par un banquier fraichement anobli, Lambert de Lamberts, qui décide de raser le bâtiment d’origine devenu vétuste pour y faire construire, en 1776, la demeure classique de style Louis XVI.

[Le Château Malou, par Paul Vitzthumb. 1831 – © Bibliothèque royale, Bruxelles – Cabinet des Estampes]

 

Le domaine devient la propriété de Charles Louis Kessel, descendant du banquier puis, en 1829, du ministre orangiste Gobbelschroy. Avec son épouse Marie Lesieur (dite Lesueur), une ancienne étoile du théâtre de la Monnaie, il consacre beaucoup de temps et d’argent à l’embellissement de la propriété. Le parc et l’étang subissent une série de retouches encore visibles aujourd’hui. Hélas, le 3 octobre 1850, Gobbelschroy met fin à ses jours, laissant son épouse dans une situation précaire qui l’amène, en 1851, à aliéner le château et le parc au notaire woluwéen Henri Van Keerberghen.

 

[Louis Van Gobbelschroy. Portrait peint par le portraitiste hollandais Willem-Bartel van der Kooi, sd –  © A.C.L., Bruxelles]

 

C’est en 1853 que Jules Malou acquière du notaire la maison de campagne qui a hérité de son nom. On ignore les circonstances qui l’amenèrent à Woluwe-Saint-Lambert. Toutefois on sait qu’il fut pendant quelques années le locataire d’Auguste Beckers, avocat actif au sein de la presse et des associations catholiques bruxelloises, et dont le père Albert avait été caissier à la Société Générale. Beckers, qui séjournait alors à Gand pour raisons professionnelles, avait mis sa maison de la chaussée d’Ixelles à la disposition de Jules Malou et de sa famille, avant que ce dernier ne fasse bâtir un vaste hôtel de maître, rue de la Loi, autour de 1860. Beckers avait en outre hérité de vastes terrains situés à Woluwe-Saint-Lambert sur lesquels il ferait bâtir en 1867/69 sa maison de campagne connue aujourd’hui sous le nom de Castel de Linthout. On peut donc imaginer que Beckers, important propriétaire à Woluwe, en relation avec le notaire local Van Keerberghen, alors détenteur temporaire du futur domaine Malou, aura joué les intermédiaires.

[Jules Malou. Portrait peint par Joseph Janssens. 1885 (Document Musée communal de WSL, d’après coll. privée)]

 

Bien installé dans ses murs, Jules Malou siège au conseil communal de Woluwe-Saint-Lambert de 1861 à 1869. Ses nombreuses occupations ne lui permettent cependant pas de s’affirmer comme un conseiller zélé. Sur les 50 séances tenues durant ce laps de temps, il ne fait acte de présence qu’à sept reprises. Il vivra au château jusqu‘à son décès qui survient en 1886. Sa descendance fini par le vendre à la commune de Woluwe-Saint-Lambert en octobre 1950.

Le château, l’étang et le parc dont la partie à front de la chaussée de Stockel a fait l’objet de lotissements après 1950, sont intensément utilisés depuis plus de trente ans comme lieu d’activités culturelles et récréatives.

La pierre millésimée originelle, scellée dans le parement nord de la restauration de 1971, porte l’inscription : « Mr L. DE / LAMBERTS / EDIFICAVIT / MDCCLXXVI ». Elle aide à établir la chronologie du château.

[Pierre de fondation rappelant le nom du constructeur et la date d’édification du château (1776) – © photo M. Dujeux]

 

La disposition de la maison intérieure a été respectée lors de l’aménagement du château) sous réalisé sous la direction de l’architecte Tillemant en 1972. Elle est dotée d’un vestibule d’entrée large de trois travées, à l’est, auquel s’attachent les différentes pièces. Un nouveau chaulage, une devanture bien délimitée, la pose d’une cour antérieure et des escaliers en direction de l’étang, datent des environs de 1968.

Établis sur le fond marécageux et les pentes sablonneuses du Struykbeken, petit affluent de la Woluwe, les premiers jardins du domaine furent probablement dessinés par la famille Preudhomme au début du XVIIe siècle. L’occupation du domaine par les Jésuites jusqu’en 1773 puis par d’autres familles a transformé lentement ces jardins très structurés en un parc paysager ou « anglais ». Charmilles, platanes et autres marronniers séculaires. Les massifs boisés qui encadrent le château sont peuplés d’un mélange d’érables, de tilleuls et d’ormes.

[Etang Malou, 1976]

 

Ici et là survivent encore quelques vieux arbres, vestiges du passé. Le fond de vallée est, quant à lui, peuplé de deux groupements végétaux botaniquement intéressants, à savoir, une frênaie-aulnaie à lierre et ficaire et une aulnaie marécageuse à ortie et reine des prés. D’une superficie actuelle de 8 ha, le parc Malou est le plus ancien jardin de la commune.

Le domaine est classé puis le 07/10/1993. La restauration qui s’est terminée en 2017 a eu pour objectif de retrouver l’harmonie néoclassique qui a présidé à la conception du bâtiment ainsi que de réinstaurer le dialogue entre bâti et environnement cher à ce style.

[La château Malou en pleine rénovation 2016]

Après avoir été demeure de prestige à son origine, un temps refuge pour enfants du juge, puis siège de la Galerie de prêt d’œuvres d’art et lieu de célébration des noces et mariages, le château accueille des évènements d’entreprise ou autres séminaires tout en retrouvant sa fonction de lieu officiel de célébrations des noces d’or et des mariages.

Sur le plan technique, les interventions ont porté sur les façades et les toitures (suppression des volets en pvc mis en place en 1987 et remplacement des châssis), l’enduit mural et la peinture (utilisation de chaux et d’une peinture beige ocre, proche de la couleur d’origine, comme l’ont montré les études stratigraphiques réalisées), la toiture et la charpente, la réparation de pierres bleues et la révision de l’égouttage.

Au niveau de l’intérieur, le système de ventilation et de chauffage a été revu pour répondre aux exigences modernes de conservation de l’énergie tout en respectant les contraintes d’un bâtiment du 18ème siècle. Tant les carrelages, les menuiseries intérieures, la quincaillerie que les luminaires et le mobilier ont fait l’objet de toutes les attentions.

[L’intérieur du château Malou]

 

Une dernière phase de travaux a concerné le réaménagement des abords du château. Ils ont été réalisés sous le contrôle la Direction régional des Monuments et Sites.

 

© Service Culture de Woluwe-Saint-Lambert – Tous droits réservés

Bâtiments restaurés et réhabilités

L’ancienne caserne de la place Dailly

En 1860, le Ministère de l’Intérieur achète un terrain sur la commune de Schaerbeek, au lieu-dit Weyenveld (ou « waaienveld », que l’on pourrait traduire par « prairie venteuse »). Il y fait construire le premier Tir national à front de la chaussée de Louvain.

En 1888, le Tir national déménage dans ses nouvelles installations, près du futur boulevard Reyers, et laisse sa place à la construction d’une caserne modèle destinée à accueillir le 1er régiment des carabiniers.

Les travaux débutent en 1890, selon les plans de l’architecte Otto Geerling (à qui l’on doit déjà la deuxième caserne de cavalerie, située plaine des manœuvres à Ixelles). Les bâtiments occupent tout l’espace de l’ancien terrain du Tir national et sont agencés en rectangle autour d’une cour. L’ensemble est de style néo-renaissance flamande, caractérisé par l’emploi de pierres et de briques rouges.

La caserne est inaugurée le 10 septembre 1894 et est baptisée « Caserne Prince Baudouin », en hommage au neveu et héritier du roi Léopold II.

 

Le régiment des carabiniers est officiellement créé en 1850. Il est la continuité du régiment des chasseurs, qui a vu le jour lors de la révolution de 1830. L’uniforme des carabiniers est assez reconnaissable avec sa veste verte, ses ornements jaunes et son chapeau haut – dit « bonnet de police » – recouvert de toile cirée et orné d’un plumet pour la version d’apparat.  Leur insigne est un cor de chasse. Leur arme est une carabine de type Terssen à baïonnette.

En 1898, une compagnie de carabiniers-cyclistes est mise en place avant de devenir un régiment à part entière. Le 21 juillet 1930, à l’occasion des fêtes du centenaire du pays et du régiment, le roi Albert Ier ordonne la dénomination officielle de régiment de carabiniers Prince Baudouin.

 

D’abord installé au « Petit château » à Bruxelles, le régiment des carabiniers, composé de près de 2000 hommes, prend ses quartiers dans la caserne de Schaerbeek en 1894, deux semaines après l’inauguration du bâtiment. Les militaires vont dès lors faire partie intégrante de la vie schaerbeekoise, à la plus grande joie des jeunes filles à marier. On les voit s’exercer autour de la caserne ou bien sur la grande plaine, devant le nouveau Tir national (qui deviendra d’ailleurs la place des Carabiniers).

La vie militaire peut être jugée parfois rude, mais les carabiniers disposent néanmoins d’un certain confort dans leur caserne si l’on en croit les photographies de l’époque : salon de coiffure, cantine spacieuse, salle de jeux et gymnase. Pour l’anecdote, Hergé vécut un an de service dans cette caserne à partir d’août 1926.

Le régiment est mobilisé lors des deux guerres mondiales. Il quitte une première fois la caserne à la fin de 1914. Le 20 août, le parvis du bâtiment est le lieu de la rencontre entre le bourgmestre de Bruxelles, Adolphe Max et le général von Jarotsky, le premier tentant d’empêcher l’avancée des troupes allemandes sur le territoire bruxellois. Les négociations restent vaines et bientôt toute la capitale est occupée. Les Allemands prennent possession de la caserne et la transforment en hôpital militaire.

En septembre 1939, le régiment est à nouveau mobilisé et quitte une seconde fois ses quartiers schaerbeekois pour ne plus jamais y revenir. Au lendemain de la guerre, il sera cantonné à divers endroit, dont Knokke, Maaseik et Siegen. En 1992, le régiment des carabiniers est fusionné avec le régiment des grenadiers sous le nom régiment de carabiniers Prince Baudouin – grenadiers.

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Déserté par les militaires, le bâtiment abrite jusqu’en 1976 des services administratifs du Ministère de la Défense. Les lieux sont ensuite cédés à la tutelle sur l’agglomération bruxelloise.

Il faut attendre vingt ans pour qu’un projet de réhabilitation du lieu voit le jour. En 1996, quasi tous les bâtiments annexes sont détruits. L’édifice principal est conservé et rénové pour accueillir des rez-de-chaussée commerciaux et des logements. À l’arrière, des immeubles à appartements, un supermarché et un petit parc sortent de terre. Le Théâtre de la Balsamine, qui occupait depuis 1981 une partie des bâtiments de la caserne désaffectée, se dote également d’une extension moderne.

 

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Hors série

Albert Eylenbosch: l’homme au coeur social et son CPAS

Il y a dans ce monde des âmes nobles, qui cherchent à multiplier le bien, qui cherchent à encourager, consoler, relever, fortifier, et à édifier les autres. »  Henri-Frédéric Amiel.

[Albert Eylenbosch – Ouvrage l’envers du décor, 2006, Forum Bruxellois de lutte contre la pauvreté]

 

Personnalité référente en termes de politique sociale à Saint-Gilles, surnommé Monsieur CPAS, grâce à son travail remarquable à la tête du CPAS de Saint-Gilles, président de la Fédération des CPAS bruxellois et disciple du bourgmestre Jacques Franck. La carrière d’Albert Eylenbosch était remplie de défis toujours relevés et très souvent gagnés selon ses proches. Il était un homme soucieux de justice sociale pour les plus démunis et de caractère autoritaire comme il se décrivait lui-même.

Né à Rhode Saint Genèse le 26 mai 1929, il a passé une partie de son enfance dans le Vieux Rhode avec ses parents, puis a déménagé à Molenbeek (Boulevard du Jubilé) tout en faisant ses écoles à Saint-Gilles. Il commença tout jeune à l’Athénée communal dont il est devenu très vite un pur produit saint-gillois. Il a poursuivi un enseignement communal d’une qualité extraordinaire dont les principes de base étaient ceux du libre examen enseigné par ses professeurs.

Licencié en Sciences économiques à l’ULB, après avoir fait un court passage en études de médecine, le jeune Albert devient passionné pour les livres. C’était dans les mondes créés par Alexandre Dumas et Kipling qu’il adorait passer son temps, un loisir appris de son père et de son professeur Félicien Favresse, ses guides de lecture.

Les raisons pour lesquelles Albert Eylenbosch faisait du combat social sa lutte personnelle reste jusqu’à maintenant inconnu. Néanmoins, des témoignages indiquent qu’à son passage aux Régies (électricité et gaz), il a eu l’opportunité de connaître en profondeur les besoins de la population, son travail étant de mener à bien la conversion des foyers au gaz naturel. Une tâche qui lui a donné l’opportunité de visiter chaque maison de la commune et de connaître les nécessités des Saint-gillois.

L’homme cultivait en outre un goût particulier pour le domaine de la biologie et le progrès médical de façon autodidacte. Ce passe-temps personnel présageait bien de ce qui allait se passer: à savoir son arrivé à la présidence de la Commission d’Assistance Publique de Saint-Gilles en 1971, où un de principaux défis déterminés par le bourgmestre Jacques Franck était de reconstruire l’Hôpital Molière qui était dans un état déplorable.

Tout au long de sa carrière, c’est le souci des personnes qui a guidé son action vers les plus faibles, les plus défavorisés et particulièrement auprès des enfants.  Dès février 1977, il désignait Monsieur Kuypers comme architecte chargé de la reconstruction par étapes de l’hôpital Molière Longchamp, un projet qui le tenait tout particulièrement à cœur et un défi qui le mènera à une série de combats.

[Visite du bourgmestre Jacques Vranckx à la salle de pédiatrie de l’hôpital Molière, date inconnue, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Le combat qu’il mènera avec force et noblesse portait sur la maltraitance des enfants. À cet égard, c’est à son initiative que la tutelle des pupilles de la CAP fut organisée. Eylenbosch était réellement convaincu que c’était les enfants qui arriveraient à faire changer les choses. L’analyse de la situation des enfants, l’amena à être à l’initiative d’une asbl aujourd’hui encore présente et toujours agréée par les autorités: le CEMO (centre d’éducation en milieu ouvert) créée en 1978.  Cette structure préventive propose un accompagnement des jeunes ayant besoin d’un soutien socio-psychologique individualisé et cela jusqu’à 18 ans.

Les malades, les enfants, les personnes sans domicile fixe, etc. pas un seul combat social auquel il n’était investi. Après l’appel de Coluche contre le gaspillage de nourriture en France et Europe, Albert Eylenbosch décida d’ouvrir le premier « Resto du Cœur » belge en 1985.

Après avoir passé un hiver rigoureux en 1984-1985 et avec une vision avancée pour son époque, il créa le « Forum Bruxellois de lutte contre la pauvreté » afin de proposer un espace de rencontre et différentes approches en faveur des plus démunis. Au fil des années, la finalité de cette organisation est toujours de traiter de l’exclusion sociale en Région bruxelloise et de trouver des solutions aux problèmes liés à la paupérisation.

Albert Eylenbosch a indubitablement marqué Saint-Gilles. Connaisseur d’art, il a su incorporer tous les aspects de sa vie pour devenir un président s’intéressant à tous les domaines de la population de sa commune chérie. En compagnie de l’échevin de la culture de l’époque Alain Hutchinson, ils ont donné vie à L’asbl « Rencontres Saint-gilloises » et organisé le premier Parcours d’Artistes en 1988, en vue de mettre en évidence les artistes de la commune.

[Albert Eylenbosch et le peintre belge Serge Creuz lors de l’inauguration de la fresque à l’hôpital Molière, 1991, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Un président qui prenait le tram pour rencontrer les usagers de son CPAS c’était probablement du jamais vu. Cet homme singulier connaissait son public et aimait être sur le terrain afin de proposer des solutions concrètes et durables. Partant de ce principe, Eylenbosch décide en 1989 de s’attaquer aux problèmes de logement et fonda l’asbl CAFA (Centre d’Accompagnement et de Formation pour Adultes). Une asbl qui servira de lieu d’appui et qui passera par la gestion en urgence de la crise énergétique laissée par les rigoureux hivers en 1985 à la prévention organisée, donnant de l’aide dans l’ensemble des secteurs traités au CAFA (énergie, endettement, emploi, santé, logement).

[Remise de prix Bruxellois de l’année VLAN, 1992, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Comme disait Simone Veil dans son poème Il restera de toi : « ce que tu as donné, en d’autres fleurira ». Une juste reconnaissance est arrivée en 1992 et 1995 par les lecteurs du journal VLAN qui l’ont élu Bruxellois de l’année.

Ce combattant du social montrait que les seuls combats perdus sont ceux qu’on ne mène pas. À la suite des menaces qui pesaient sur le « Resto du Cœur » de Saint-Gilles, dont la maison était vendue, Albert Eylenbosch ne resta pas les bras croisés et décida d’écrire au Palais Royal. De ce fait, le Roi Baudouin s’est rendu sur place le 11 mars 1993 pour voir de première main la situation des sans-abris et des démunis à Bruxelles.

[Visite du Roi Baudoin au CPAS de Saint-Gilles et au « Resto du Cœur », 1993, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

La marque Eylenbosch restera parmi tous et toutes celles qui l’ont connu. Son CPAS lui a par ailleurs octroyé le titre de président honoraire en 1996 et, en 1999, le conseil communal lui rend un solennel hommage pour ses 25 ans de mandat.

La plus grande faiblesse des altruistes est de ne pas se valoriser ce qui n’empêcha pas Eylenbosch d’être le premier président du CPAS à apparaitre sur la couverture du magazine Trends, organe de presse financière qui rencontra un incrédule Albert Eylenbosch au cœur de la côte belge, lieu de viligiature favori, afin d’évoquer la crise des recettes du CPAS en 1995.

[Couverture du magazine Trends, 1995, Collection privée J. Cornelis]

 

Albert Eylenbosch présida donc le CPAS de Saint-Gilles pendant un quart de siècle, de 1971 jusqu’à sa prise de pension en 1995. Énormément attaché à son travail et ses différentes activités, Eylenbosch reconnaissait en fin de carrière son plus grand regret « J’ai sacrifié un peu ma vie familiale pour satisfaire ma vie professionnelle ». Des renoncements peut-être nécessaires pour le bien commun.

Pionnier, courageux et humaniste, il  a été un homme novateur par des temps difficiles, un esprit visionnaire qui s’est attaqué aux problèmes de son époque. Il a transmis son héritage à tous ceux qui ont reçu son aide et aux personnes qui ont refait le monde avec lui. Souffrant d’une thrombose qui lui a valu un long séjour à l’hôpital Molière, il n’a pas manqué d’ironiser ainsi: « J’ai eu l’occasion d’essayer mon propre hôpital ! ». Cette maladie a progressivement éteint son existence, mais jamais la volonté de donner une voix à ceux qui n’étaient pas écoutés n’a pâli. Le dévouement qui a caractérisé ses actions lui ont permis de recueillir la récompense de ce qu’il avait déjà semé. Grâce au soutien de sa famille et de ses collaborateurs, il a continué d’être conseiller au CPAS de Saint-Gilles jusqu’en 2001. Albert Eylenbosch est décédé le 20 avril 2006 à la maison de repos « Les Tilleuls » pour laquelle il avait consacré une partie de sa carrière.

[Fresque en hommage à Albert Eylenbosch au CPAS de Saint-Gilles]

 

Sources:

  • Article du journal VLAN du 4 juin 2003.
  • Article du Centre de documentation et de coordination sociale (CBCS) de 1998.
  • Archives du Palais Royal.
  • Archives communales de Saint-Gilles.

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