Fêtes et évènements

Parcours d’artistes à travers Saint-Gilles

Albert Eylenbosch, figure emblématique de la politique saint-gilloise, a présidé le CPAS de Saint-Gilles pendant un quart de siècle (1971-1995). Passionné par la richesse culturelle de la commune, Eylenbosch créa avec l’Échevin de la Culture et de l’Enseignement Alain Hutchinson, sur demande du bourgmestre de l’époque Charles Picqué, l’ASBL «Les Rencontres Saint-Gilloises ». Fut également en charge de l’institution, la conseillère communale Silvana Pavone. En 1988, ils proposèrent alors l’évènement « Parcours d’Artistes », malgré les réactions sceptiques. Cependant, Charles Picqué parraine l’idée et cet évènement connu un succès total.

 

[Journal Le Drapeau Rouge, 1988, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Pour une commune comme Saint-Gilles, il s’agissait de mettre en évidence les ressources et potentialités créatrices dans la cité, plutôt que d’insister sur les difficultés diverses inhérentes à une population hétérogène, économiquement faible et socialement défavorisée. Ainsi, la première réalisation du Parcours d’Artistes, du 27 mai au 12 juin 1988, a été un évènement tant pour la population saint-gilloise que pour les artistes créateurs qui y ont participé. Le projet était centré sur l’ouverture au grand public de près de 100 ateliers d’artistes résidant ou travaillant à Saint-Gilles. Celui-ci a été également complété par l’intégration de près de 30 galeries d’art existantes sur le territoire de la commune. Vincent Van Gogh disait en parlant de Saint-Gilles à son frère Théo : « Il y a de ces lieux, comme il y en a heureusement partout, où l’on se sent chez soi plus qu’ailleurs. »

Certains lieux sont privilégiés, comme ceux qui ont un pouvoir sur les hommes et sur les objets ; il en est ainsi du charme discret de certaines villes de Provence, du ciel gris d’Honfleur, de canaux perdus à Bruges. Saint-Gilles est une rencontre, toujours inattendue. C’est le sentiment qu’Albert Eylenbosch voulait essayer, durant quelques week-ends, de partager avec tous. Pour découvrir tout à la fois des galeries, des ateliers et des écoles d’art qui se sont inscrits dans l’histoire même de la commune. En effet, pendant trois week-ends, plus de 200 artistes, peintres, sculpteurs, photographes, graphistes, dessinateurs, architectes, stylistes, etc. qui vivaient ou travaillaient à la commune, ont ouvert leurs ateliers et présenté leurs créations. Certains ont conçu des travaux spécialement pour cet événement et nombreux ont été ceux qui invitaient des artistes résidants ailleurs qu’à Saint-Gilles. Les associations sociales et culturelles privées et publiques ont contribué à accueillir des artistes saint-gillois en manque d’espaces de travail, à organiser des ateliers créatifs et des programmes culturels.

Les principales galeries d’art contemporain associées à ce projet, ont proposé des expositions invitant des plasticiens de renommée internationale et des jeunes créateurs. Par ailleurs, divers créateurs choisis par l’ASBL ont conçu pour l’occasion des œuvres de grand format, placées aux carrefours et aux places de la commune pendant les trois week-ends, et réalisé des performances visuelles dans les parcs et sur les places publiques.

Cette action de promotion des arts plastiques a permis à près de 10.000 personnes recensées, venant de tout le pays, comme de pays tels que la France et les Pays-Bas, de découvrir des nouveaux lieux, à travers une cinquantaine de rues à parcourir. Elles y ont découvert des créateurs inconnus, redécouvert des créateurs mal connus et des jeunes talents. Chaque artiste a reçu la visite de 300 à 1000 personnes sur les neuf journées qu’ont duré le Parcours. Nombreux parmi eux ont annoncé la vente de plusieurs de leurs œuvres et l’obtention de contrats avec des galeries.

Lors de cette première édition, le « Parcours d’Artistes » a proposé une grande diversité de tons et de styles d’art conceptuel. Suite à la réussite du projet, une deuxième édition a eu lieu du 4 mai au 20 mai 1990 pour rendre hommage à l’Art nouveau où toute une tradition de salons artistiques à marquée le passage du XIXe au XXe siècles et a permis la réalisation d’un des hôtels de ville les plus marquants du pays. En effet, le centre d’accueil de ces évènements était l’Hôtel de Ville de la commune, édifice qui symbolisait la prospérité de Saint-Gilles, décoré par l’architecte Albert Dumont et le maître sculpteur Julien Dillens. Plus de 35 artistes ont collaboré à cette œuvre qui continue encore aujourd’hui a étonné tous ceux qui la visitent. Parmi eux : Alfred Cluysenaar, Jean-Baptiste De Keyser, Joseph Lambeaux, Fernand Khnopff, Jean-Pierre Braecke etc.

[Affiche promotionnelle de l’évènement, 1990, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

[Badge d’entrée au Parcours d’Artistes II, 1990, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

[Carte du Parcours d’Artistes II, 1990, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

Tandis que la première édition se passe sans polémique, la deuxième reçoit le nom d’évènement médiatique car sous un plafond peint par Khnopff, une exposition de Jef Lambeaux se trouve au cœur de l’Hôtel de Ville. Le temps de Saint-Gilles de se réconcilier avec le très sulfureux Jef Lambeaux était venu, confiait Eylenbosch à la presse.

[Article de presse consacré à l’exposition de Jef Lambeaux, Journal du Crédit communal, 1990, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

Jef Lambeaux a vécu longtemps à Saint-Gilles (1881-1908). Il a installé son atelier à la Hollestraat, puis rue du Tyrol (actuelle rue Antoine Bréart). Il s’agissait de célébrer les retrouvailles et la réconciliation de la commune et du sculpteur dont la façon sensuelle de sculpter le nu a fait l’objet de critiques à l’époque. Son œuvre majeure, « Les passions humaines » réalisé en 1890 et commandé par Leopold II, était considéré comme une représentation d’exhibitionnisme par les dévots. Lambeaux n’était pas le seul avoir eu une forme de reconnaissance à Saint-Gilles. Eylenbosch, à la tête des « Rencontres Saint-Gilloises », a en effet organisé à la l’Hôtel de ville ou au Centre culturel Jacques Franck de nombreuses expositions en hommage aux artistes qui ont collaboré à la décoration de l’Hôtel de Ville (Joseph Dillens, Pierre Paulus, Léopold Speeckaert, Alfred Cluysenaar et sa famille, etc), et ainsi que certains aspects importants de la commune (histoire, action sociale, police communale, vie politique, etc.).

[Ouvrages rédigés par Albert Eylenbosch à l’occasion des expositions, Archives du CPAS de Saint-Gilles]
[Affiches conçues pour les expositions à Saint-Gilles,1994-1996, Archives du CPAS de Saint-Gilles]

 

 

© Archives du CPAS de Saint-Gilles – Tous droits réservés

Fêtes et évènements

La Foire du Midi

La Foire du Midi s’est tenue pour la première fois sur le boulevard du Midi en 1880 à la demande des commerçants du quartier à l’occasion des fêtes qui célébraient le 50e anniversaire de l’indépendance de la Belgique. Par la suite, les autorités communales de la Ville de Bruxelles reprirent cette initiative à leur compte et la subsidièrent.

Chaque année depuis 1880, la Foire du Midi s’organise au début du mois de juillet, soit le 1er week-end avant la Fête nationale. Une véritable tradition bruxelloise.

[Foire du Midi de 1928, affiche, 1928, Collection iconographique (Affiches Kermesses Bruxelles II-3), Archives de la Ville de Bruxelles]

[Baraque à beignets et croustillons, photographie par Benoît de Pierpont, 1974, Collection iconographique (NUM-353), Archives de la Ville de Bruxelles]

[Vue sur les baraques des forains et sur la foule, photographie par Benoît de Pierpont, 1974, Collection iconographique (NUM-362), Archives de la Ville de Bruxelles] [Photo prise depuis une nacelle de la grande roue sur le boulevard du Midi avant le pont de chemin de fer]

[Foire du Midi de 1891, affichette, 1891, Collection iconographique (H-457), Archives de la Ville de Bruxelles]

 

© Archives de la Ville de Bruxelles- Tous droits réservés

Fêtes et évènements

Foire et carnaval à Schaerbeek

L’histoire de la foire annuelle à Schaerbeek trouve son origine dans un pèlerinage, celui effectué à la période de Pâques vers l’église Saint-Corneille à Diegem, commune située à 5 km. Comme nombre de pèlerinage, celui-ci était accompagné d’une kermesse et certains forains « hivernaient » à Schaerbeek dans l’attente de l’ouverture des réjouissances printanières. Cette hivernage était alors une aubaine pour les commerçants de la commune, notamment ceux du quartier de la place Colignon et de l’église Saint-Servais où les caravanes s’installaient généralement.

À la fin du XIXe siècle, certains forains ne prennent même plus la peine de se déplacer et Schaerbeek devient le point d’entrée de la foire de Dieghem. L’écrivain Georges Eekhoud dans son ouvrage Kermesses paru en 1884, décrit ainsi le passage à Schaerbeek des pèlerins venus de la ville de Bruxelles : « Les croyants mettent la procession en branle, les badauds et les habitués des kermesses suivent. Mais la grande masse de ces derniers ne dépassera pas les confins excentriques du faubourg et se contentera des délices de la foire établie près de la nouvelle église. C’est même sur ce point que régnera vers le soir la gaîté la plus turbulente, que les danses seront le plus sauvages et les libations les plus copieuses ».

[Les forains à Schaerbeek, carte postale, collection privée]

 

Les autorités schaerbeekoises apprécient l’animation qui règne dans le quartier Colignon qui est alors encore assez peu construit. On y trouve déjà des moulins à chevaux galopants et des baraques à frites. Chaque année, le bruit des orgues et des flonflons ne s’interrompt pas pendant trois semaines au mois d’avril. Mais au fur et à mesure que la place Colignon et ses alentours s’urbanisent en cette toute fin du XIXe siècle, la foire, qui a perdu son lien avec Diegem pour devenir un véritable évènement schaerbeekois, fait surgir des plaintes des riverains qui n’en supportent pas les inconvénients, qu’ils soient sonores ou hygiéniques. Les autorités communales songent donc à déplacer le champ de foire vers les rues Eenens et Metsys, sur un terrain encore libre. Mais il est aussi projeté de tracer un boulevard à cet endroit (futur boulevard Voltaire) et l’on craint qu’en décentrant le lieu de foire, cela amènera progressivement à la suppression de la seule festivité attractive. En effet, si les conseillers communaux sont sensibles au respect de la tranquillité des habitants, ils n’en dédaignent pas moins les avantages financiers que rapportent les festivités en terme de commerces et de charité (une partie des bénéfices étant reversée aux œuvres de bienfaisance), mais aussi directement pour la commune qui prélève des redevances sur les emplacements. Néanmoins, les baraques et manèges se déplacent vers le bas de la chaussée de Haecht avant de revenir à nouveau s’étendre jusque dans les environs de l’Hôtel communal et de la place Lehon au début du XXe siècle.

[Journal de l’Union des Industriels Forains Belges, 1954; Fonds documentaire, Archives communales de Schaerbeek]

 

En avril 1911, la fête foraine est installée lorsque l’Hôtel communal prend feu suite à un incendie criminel. Nombre de forains subiront également des dégâts importants. Les deux guerres mondiales ont évidemment chaque fois marqué un coup d’arrêt aux réjouissances, mais la fête a vite repris ses droits une fois les conflits passés.

[L’hôtel communal après l’incendie, 1911, cartes postales, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

A partir des années 1930, la foire s’étend depuis l’avenue Voltaire jusqu’à la place de la Reine, en occupant toute la rue Royale-Sainte-Marie. Des illuminations du quartier Colignon-Lehon sont alors prévues pour donner un cachet supplémentaire aux festivités. En 1938, la commission d’organisation de la foire annuelle décide d’ajouter des emplacements forains sur la place de Helmet et sur la place Dailly et dans les années 50, on ajoute également les environs de l’église de la Sainte-Famille. Aujourd’hui, c’est à ces endroits que l’on retrouve chaque année manèges, pêche aux canards et marchands de croustillons.

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[Affiches, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

La kermesse de Schaerbeek est indissociable du cortège carnavalesque qui a lieu à la fin du mois de mars. Le tout premier cortège est organisé à l’initiative du « Comité de la Presse Schaerbeekoise », en 1894. Le 10 mars 1902, plusieurs commerçants du quartier autour de l’Hôtel communal décident de s’associer en créant le « Cercle des Intérêts Matériels de la place Colignon ». Ce cercle souhaite promouvoir et favoriser le commerce à Schaerbeek. Un cortège annuel est alors organisé qui réunit plusieurs sociétés schaerbeekoises et récolte des fonds pour des œuvres de bienfaisance, telle « Le Bon Lait pour les Petits ».

La Première guerre mondiale marque un coup d’arrêt aux festivités. Celles-ci reprennent en 1921 sous l’impulsion d’un conseiller communal : Léopold Cromps. Le cortège annuel est alors placé sous le haut patronage du bourgmestre de l’époque, Jean Meiser. Dans l’entre-deux guerres, quelques conseillers communaux se succèdent à la place de président d’honneur du Cercle, comme Albert De Baerdemaeker et Maurice Soupart.

Après une seconde interruption pour laisser passer l’orage de la guerre, le cortège annuel reprend vie à partir de 1946. Des sociétés venues de Flandre viennent grossir les rangs des carnavaleux. Des prix sont distribués sous forme de bannières aux groupes les plus remarquables. Le cercle fondateur, devenu entretemps « Le Cercle Place Colignon-Attractions » arrête ses activités en 1978. Avec lui disparaît le carnaval de Schaerbeek. Ce n’est heureusement que provisoire.

En 1998, le carnaval est relancé par l’administration communale qui créée une « commission cortège ». La 69e édition se déroule le samedi 28 mars 1998 avec plus de 1000 participants. Depuis, chaque année, un Prince ou une Princesse Carnaval sont élus lors de l’exposition consacrée au carnaval installée dans l’Hôtel communal. C’est lui (ou elle) qui aura alors l’honneur de conduire, en compagnie des membres du Collège, le cortège lors de son périple sur le territoire de Schaerbeek.

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[Affiches, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

© Archives de Schaerbeek – Tous droits réservés

Expo 1910

Renaître de ses cendres : l’Exposition universelle de Bruxelles de 1910

Au moment de clôturer l’exposition universelle de Bruxelles de 1897, le futur bourgmestre de Bruxelles, Emile De Mot, songe déjà à accueillir l’exposition de 1905 dans la capitale pour la faire coïncider avec le septante-cinquième anniversaire de la Belgique indépendante. Hélas, c’est Liège qui l’emporte pour 1905 – les pavillons ne reviendront à Bruxelles qu’en 1910, après la mort de De Mot.

En 1906, trois projets de lieux sont soumis au comité exécutif de l’exposition : le plateau du Solboch, Woluwe et Bruxelles-Ouest. Le comité exécutif choisit le Solboch, à condition que la commune d’Ixelles cède une partie de son territoire à la ville de Bruxelles. Ixelles marque son accord et d’importants travaux d’aménagement sont exécutés, notamment l’élargissement et le prolongement de l’avenue Louise ainsi que l’extension des lignes de tramways.

[Affiches de l’Exposition universelle et internationale de Bruxelles, 1910, Fonds De Moye, Archives communales d’Ixelles]

 

Cette exposition sera l’occasion pour la Belgique de mettre en avant ses exploits. Alors qu’elle a pu se vanter de son essor économique et industriel déjà en 1897 (souvenons-nous qu’à cette époque la Belgique est la deuxième puissance industrielle mondiale), elle a deux grandes nouveautés à dévoiler : le Congo cédé à l’Etat belge par Léopold II en 1908, et l’avènement du roi Albert 1er en 1909.

L’exposition, qui se déroule du 23 avril au 1er novembre, accueille 26 pays ainsi que de nombreuses sociétés privées. Ces dernières présentent les nouvelles réalisations de l’époque, notamment en lien avec l’industrie et le commerce : l’on peut visiter des usines, examiner les dernières locomotives, navires, automobiles, ainsi que des machines agricoles modernes. Les Beaux-Arts occupent également une place centrale avec ses peintures, sculptures, médailles et arts décoratifs : « Jamais il n’y eut de participations étrangères aussi nombreuses permettant de se faire, en une seule visite, une idée presque générale de l’art contemporain. »[1]

 

A l’occasion des 110 ans de la clôture de l’exposition universelle de Bruxelles de 1910, ArchivIris vous propose une sélection de documents iconographiques relatifs à cet événement qui s’est déroulé à l’apogée de la Belle Epoque.

 

Alors que l’exposition peut s’enorgueillir d’un succès phénoménal (près de 13 millions de visiteurs, alors qu’en 1910 la Belgique ne compte que 7,4 millions d’habitants !), elle est malheureusement surtout réputée pour son incendie spectaculaire de la nuit du 14 au 15 août.

C’est aux alentours de 20h45 qu’on aperçoit les premières flammes de la galerie centrale de la Section belge. Le vent souffle et le feu ravage en quelques heures de nombreux pavillons malgré les efforts louables des pompiers. Paradoxalement, l’incident a fait affluer le nombre de visiteurs qui, dès le lendemain, se sont rendus sur le site dévasté afin de contempler les ossatures métalliques des pavillons calcinés. Le site sera cependant rapidement reconstruit, ce qui en fera une success story vu le nombre croissant de visiteurs jusqu’à la fin de l’événement.

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Ces images ne sont qu’une sélection des fonds iconographiques d’Ixelles et de Saint-Gilles sur l’exposition universelle de 1910. Pour consulter les fonds d’archives, nous vous invitons à prendre rendez-vous avec le service d’archives concerné.

 

Sources :

Livre d’Or de l’Exposition de Bruxelles de 1910, un ouvrage documentant l’histoire illustrée et commentée de cette exposition, peut être consulté et téléchargé sur le site de la BNF (https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k34113413/f800.image).

https://www.worldfairs.info/expohistoire.php?expo_id=39

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exposition_universelle_de_Bruxelles_de_1910

DUMOULIN M., L’entrée dans le XXè siècle, Bruxelles, Le Cri, 2010.

JAUMAIN S. et BALCERS W. (dir.), Bruxelles 1910 : de l’Exposition Universelle à l’Université, Bruxelles, Racine, 2010.

Pour en savoir plus:

Expo1910

 

© ArchivIris

Fêtes et évènements

Jeux d’eau et de lumière au parc Josaphat

En 1952, il est décidé de donner un caractère spécial au parc Josaphat en y créant des jeux de lumière nocturnes. L’inauguration de ces installations temporaires a lieu le 15 juin. Elles sont visibles au public tous les soirs d’été jusqu’au 15 septembre 1952, entre 21h30 et minuit. Le ticket d’entrée est alors de 5 francs et de 2 francs pour les écoliers fréquentant les écoles schaerbeekoises.

L’évènement a droit à une campagne de publicité très large : annonce dans les divers journaux et revues nationaux, camion publicitaire circulant dans la commune, prospectus déposé dans les établissements hôteliers, etc.

 

[Dépliant publicitaire, 1957, Archives communales de Schaerbeek]

 

[Dépliant publicitaire, 1952, Archives communales de Schaerbeek]

 

Des affiches sont également conçues. Nous les devons à Édouard Peelaes, dessinateur-décorateur attaché à la commune, et à Lucien Desmaré, employé du service de l’autographie communal.

[Affiches, 1953-1955, Archives communales de Schaerbeek]

En moyenne, et ce malgré quelques jours de pluie, près d’un millier de visiteurs par jour (ou plutôt par nuit) viennent jouir du spectacle des marronniers, peupliers, saules et autres arbres et arbustes enveloppés de lumière. Les badauds peuvent aussi découvrir sous un nouvel aspect, les sculptures qui peuplent le parc.

 

 

L’illumination de bâtiments est alors très en vogue à l’époque. Dans le cas du parc Josaphat, la difficulté importante consiste à mettre en lumière des coins naturels par essence plus mobiles qu’une simple façade. En collaboration avec des techniciens spécialisés, le service des Travaux de la commune parvient à relever le défi.

 

 

L’installation nécessite l’enfouissement de près de 6km de câble. Les promeneurs peuvent profiter d’une centaine d’emplacements éclairés par des tubes fluorescents de différentes couleurs (blanc, rose, azur, émeraude et jaune d’or) qui varient au cours de la saison pour mieux souligner les tonalités des feuillages.

En 1953, suite au succès de l’édition précédente, le service des Travaux décide de rendre la magie encore plus complète et unique. Le nombre de sources lumineuses est augmenté, et des jeux d’eau, également lumineux, sont créés.

Le point le plus impressionnant est certainement la fontaine située au milieu d’un des étangs et produisant un jet d’eau de 18 mètres de haut. Un dispositif de sonorisation a également été installé et diffuse à plusieurs endroits de la musique classique, rendant l’expérience pour les promeneurs encore plus divertissante.

La dernière édition de ces Jeux d’eau et de lumière a eu lieu en 1961 .

 

© Archives communales de Schaerbeek – Tous droits réservés

Sport

Avant le « Roi Baudouin », avant le « Heysel »… le Stade du Centenaire !

Alors que la Coupe du Monde de football bat son plein, faisons un petit voyage dans l’histoire du « Home sweet Home » de nos Diables Rouges…

En 1921, suite à l’annexion de la commune de Laeken, la Ville de Bruxelles acquiert les terrains du plateau du Heysel. Dans l’optique des festivités du centenaire de l’indépendance de la Belgique, ainsi que de l’organisation de l’Exposition Universelle de 1935, il est décidé de lancer la construction d’un grand complexe d’exposition comprenant, entre autres, l’édification d’un tout nouveau stade omnisports : le stade du Centenaire.

[Construction du Stade des Sports – Généralités, 1929, TP 57100, 1929, Archives de l’Urbanisme, A.V.B.]

 

[Exposition universelle de 1935 – Construction du stade, TP 97875 et 57101, 1929, Archives de l’Urbanisme, A.V.B.]

 

La construction est lancée en 1929 sur des plans conçus par l’architecte Joseph Van Neck en style moderniste classicisant. En seulement quelques mois, ce qui est alors le plus grand stade du pays sort de terre, avec une capacité d’accueil de 70.000 places. Comportant un terrain de football, il dispose également d’un vélodrome en bois démontable conçu par l’architecte Albert Herent. Ce sont d’ailleurs les Championnats du Monde de cyclisme qui sont accueillis en premier dans le stade, avant l’inauguration officielle le 23 aout 1930 lors d’une rencontre de football amicale Belgique-Pays-Bas.

[Stade du Heysel, Bruxelles (Vue aérienne avec spectateurs sur les gradins pendant une rencontre ; carte postale), 1930-1940, A.V.B.]

 

[Piste de cyclisme (Pour le championnat sur piste au stade du Centenaire ; carte postale), 1930-1939 / édité par P. I. B, A.V.B.]

 

Au fil des décennies, le stade du Centenaire, également appelé Stade du Jubilé, avant d’être rebaptisé stade du Heysel au sortir de la Seconde Guerre Mondiale, accueillera de nombreuses compétitions et évènements sportifs, du cyclisme sur piste au hockey sur gazon, en passant par le basket.

Il accueillera également en 1948 la rencontre très attendue pour le Championnat d’Europe des poids moyens entre Marcel Cerdan et le jeune boxeur belge Cyrille Delannoit, qui verra ce dernier s’imposer.

[Stade du Heysel. Arrivée de la première étape du Tour de France à Bruxelles. Julien Schepens, coureur cycliste belge, franchit la ligne blanche, 26.06.1960. – 1 photo, A.V.B.]

 

[Stade du Heysel. Match de basket entre joueurs en chaise roulante (en arrière-plan, l’Atomium), (1954-1964).]

 

[Installations en vue des championnats d’athlétisme d’Europe 1950, TP 72800, 1949, Archives de l’Urbanisme, A.V.B]

 

En 1971, une piste en tartan est installée autour du terrain de football, afin d’accueillir des compétitions d’athlétisme, ce qui lui permet ainsi d’accueillir chaque année à partir de 1977 le Memorial Van Damme.

Les travaux sont entamés dans la première moitié des années 1990 et se poursuivent durant toute la décennie, et le stade est rebaptisé en l’honneur du Roi Baudouin Ier, décédé en 1993. Du stade d’origine, il ne sera conservé qu’une façade, aujourd’hui visible à l’entrée de la tribune n°1.

[Rénover le Stade du Heysel (Stade Roi Baudouin – Tribunes 1, 2, 3 et 4), Permis d’Urbanisme, TP 106289, 1994, Archives de l’Urbanisme, A.V.B.]

 

Pour aller plus loin :

Marcel Cerdan vs. Cyrille Delannoit au stade du Heysel, images d’archives : https://www.youtube.com/watch?v=8y3d6y-5JaY

Le drame du Heysel en 1985 :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Drame_du_Heysel

Bibliographie :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Stade_Roi_Baudouin

http://www.prosportevent.be/le-stade/

https://surlatouche.fr/histoire-du-stade-baudouin/

Sport

Le club CS Azur de Woluwe-Saint-Pierre

C’est en 1971 que le C.S. Azur fut porté sur les fonts baptismaux. Une quinzaine de jeunes voulurent ajouter une occupation sportive à leur activité « intellectuelle » de joueurs de cartes. Quelques adultes dont le secrétaire, Jean Van Dijck, mirent alors tout en œuvre pour donner suite à cette idée. Jacques Van den Haute, alors échevin des Sports, donna un sérieux coup de main à l’Azur en lui attribuant le terrain de football du stade Evrard, actuellement dénommé Sportcity (le terrain était situé dans les installations de l’ancien hippodrome de Stockel). Encadré par tous les dirigeants mais aussi par une vingtaine de supporters enthousiastes, l’équipe 1 fut inscrite en 5e division A.B.S.S.A. (Association Belge des Sports du Samedi Amateur) et monta de division au terme de sa première saison.

[Réunion avec une partie du comité en 1971: Jean-Pierre Gevaert (Président), Achille Devooght (délégué) et Jean Van Dijck (secrétaire)]

 

Face au nombre d’affiliés sans cesse croissant, le comité engagea une 2e équipe en championnat. Le club déménagea en 1974 vers le terrain Hinnisdael, situé à l’emplacement de l’actuel centre commercial Stockel Square. Ensuite le club déménagea à nouveau en 1976 vers le terrain dit « des Sourds et Muets » (chaussée de Stockel). Dans ce décor campagnard, un âne se manifestait à chaque attaque de l’Azur, par un hi-han sonore…

[Terrain de football à Sportcity, avenue Salomé]

La progression sportive du club fut fulgurante. L’équipe première gravit les divisions en un minimum de temps et se retrouva en 1ère division dès 1976. Après 2 années d’acclimatation, l’équipe atteignit la consécration suprême : elle fut championne de l’ABSSA en 1978 et renouvela son titre l’année suivante. L’Azur retrouva son premier terrain en 1979, entretemps transformé en des superbes installations.

[1971 – première photo officielle de l’équipe]

 

Le club continua à grandir. D’une équipe à l’origine, le CS Azur passa à cinq équipes de jeunes. Chacune de ces équipes obtint, au minimum, un titre de champion dans les différentes divisions. Les éléments les plus fidèles du club, atteints par la limite d’âge, passèrent, en 1983, des équipes de jeunes à celles de Vétérans.  Au cours de toutes ses années d’existence, le CS AZUR fréquenta plusieurs locaux : d’abord l’Aragon, un café situé sur la place Sainte-Alix, les Hussards, une taverne située rue des Déportés, le Belvédère, un café de la rue au Bois, le Partenaire (un local tenu par le club), les Eglantiers et la buvette du Centre Sportif.

[Match disputé sur l’ancien terrain « des sourds et muets », chaussée de Stockel]

 

Le CS Azur a continué de progresser…. D’une vingtaine de membres en 1971, le club compte aujourd’hui plus de 250 affiliés. Il y a aujourd’hui 4 équipes de jeunes, 2 équipes de Vétérans, 1 équipe de filles et 1 équipe de mini-foot. A côté de ces activités sportives, le club organise également de nombreux événements afin de promouvoir la convivialité ! Ainsi ont été réalisés plusieurs marches dans la campagne brabançonne, des soirées, des tournois de pétanque,……et la mise à disposition d’un costume du club au célèbre Manneken Pis le 9 mars 2018 lors d’une grande fête sur la Grand Place de Bruxelles.

[Remise du maillot du Club CS Azur à Manneken Pis en 2018 avec Benoît Cerexhe (Bourgmestre de Woluwe-Saint-Pierre), Nathalie Decamps (secrétaire du Club) et l’équipe]

[Manneken pis porte le maillot du Club CS Azur]

 

Pour son cinquantième anniversaire, le Roi a attribué le titre de ROYAL au club.

 

 

 

Le service des archives communales de Woluwe-Saint-Pierre remercie Jacques De Winter d’avoir rédigé ce texte pour Archiviris

Sport

Un projet de patinoire à Schaerbeek

En 1932, René Stra, directeur de le la société « l’Essor Immobilier » demande à la commune de Schaerbeek l’autorisation de louer le terrain sis à l’angle du boulevard général Wahis et de l’avenue Jan Stobbaerts. Le projet initial de René Stra est d’y faire construire une piste de patinage sur glace et d’y organiser de temps en temps des matchs de hockey. Un premier bail, consenti pour 18 ans, est conclu le 3 février 1933 et les premiers plans sont établis par l’architecte Paul Toussaint[1].

[Façades, Fonds Travaux Publics, Archives communales de Schaerbeek]

 

En 1933, René Stra revoit son projet et demande à pouvoir adjoindre à la patinoire un bassin de natation à ciel ouvert qui serait exploité durant la période d’interruption du fonctionnement de la piste de patinage. En d’autres termes, la patinoire deviendrait une piscine aux dimensions olympiques durant l’été.  Suivant ce second projet, les bâtiments utilisés pour la patinoire, comme le pavillon des vestiaires, pourraient être également employés par les baigneurs. Une plaine des jeux et des sports étant déjà existante non loin de l’emplacement choisi, M. Stra voit dans cette nouvelle conception de son projet, l’opportunité de doter le parc Josaphat d’un véritable complexe sportif, unique à Bruxelles. Il propose également que les élèves des écoles communales puissent profiter de la piscine à un tarif réduit.

[Plan d’ensemble, Fonds Travaux Publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Pavillon d’entrée, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

 

Les autorités communales sont tout d’abord réticentes à accepter ce nouveau projet de bassin de natation. En effet, elles craignent que, durant les mois d’été, cette nouvelle piscine en plein air n’entre trop en concurrence avec les bains communaux situés alors rue Kessels. Cependant, devant l’insistance de René Stra, les autorités communales l’autorisent à construire ce bassin de natation à la condition que le prix des tickets d’entrée aux installations projetées soit supérieur à celui pratiqué aux bains communaux.

[Vestiaires, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

 

Un deuxième bail de location modifié est alors conclu avec M. Stra le 31 juillet 1934. Les plans du complexe sont déposés sur le bureau du service des travaux et soumis à l’examen de l’architecte communal, Édouard Delbrassine, avant de pouvoir être approuvés par le Collège et par le Ministère des Travaux publics qui a un droit de regard sur l’usage du terrain à construire. Après plusieurs modifications, les plans définitifs sont approuvés en avril 1935. Cependant, et pour des raisons inconnues, M. Stra ne commence pas les travaux. En juin 1936, la commune estime qu’elle a été assez patiente et décide de reprendre la jouissance de son terrain. Le projet est définitivement enterré. Aujourd’hui, ce tronçon de l’avenue Stobbaerts n’existe plus et cet espace est occupé par un autre complexe sportif où l’on trouve un terrain de football et des terrains de tennis.

[Plan d’ensemble, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

[Pavillon bar, plan, Fonds Travaux publics, Archives communales de Schaerbeek]

 

[1] Paul Toussaint est né à Bruxelles le 7 juin 1893. À Schaerbeek, il réalise notamment les plans du n°32-36 rue Auguste Lambiotte et du n°199 rue Victor Hugo.

 

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Sport

La Royale Union Saint-Gilloise

Impossible de parler de sport à Saint-Gilles sans évoquer son club de football.

L’Union Saint-Gilloise est le troisième club le plus titré de Belgique derrière Anderlecht et Bruges mais juste devant le Standard. L’Union compte 11 titres de champion et deux Coupes de Belgique (1913 et 1914).

Elle a été fondée le 1er novembre 1897 par des kets issus du quartier de la plaine du sud de Saint-Gilles. Aucun d’eux n’avait vingt ans. La plaine du Sud était le terrain vague où, depuis, a été construit l’Hôtel de ville de Saint-Gilles. Les débuts furent difficiles. Manquant de moyens le club pu compter sur l’aide du club phare de l’époque, le Racing Club de Bruxelles, qui leur donna des maillots, des ballons et du matériel. Les premières couleurs de la RUSG sont donc le « noir et blanc » avant de choisir le « jaune et bleu » (les couleurs de la commune) en 1898. Moins d’une décennie plus tard, le club était déjà devenu le plus titré de Belgique. Six ans après la montée en division 1 en 1901, elle comptait déjà 4 titres de Champion (1904, 1905, 1906, 1907). En 1913, le club sera aussi le premier à réaliser le doublé Coupe/Championnat.

[Lettre du 14 avril 1901. Inventaire des archives relatives aux cercles et sociétés communales, dossier n°285. Commune de Saint-Gilles.]

 

[Lettre du 17 juin 1913. Inventaire des archives relatives aux cercles et sociétés communales, dossier n°285. Commune de Saint-Gilles.]

 

[Equipe 1912-1913, vainqueurs championnat et coupe. Collection Union 1897 – Les Archives]

 

Les Unionistes sont surnommés « les Apaches » par leurs adversaires à cause d’un style de jeu viril mais aussi par dédain pour ces jeunes gens (supporters et joueurs) issus des classes populaires de Bruxelles.

En 1912 Bobinus écrit le chant des goals (« C’est l’Union qui sourit »), hymne du club. Celui-ci est toujours diffusé dans le stade avant chaque match et chanté par les fans à la fin de celui-ci.

Au fil des années, le club arrive à attirer un public fidèle issu de Saint-Gilles mais aussi des Marolles. A Bruxelles, l’Ouest du Canal est unioniste, l’Est supporte le Daring de Molenbeek. Une immense rivalité teintée de « Zwanze » oppose les habitants des deux rives. Une célèbre pièce de théâtre « Bossemans et Coppenolle » fut même créée à cette occasion.

Afin d’accueillir ce public le club décide de quitter le terrain de la rue de Forest ou il est trop à l’étroit. Le choix se porte sur un terrain de 2,5 ha situé chaussée de Bruxelles en bordure du Parc Duden à Forest. Le projet est soumis à la donation Royale en 1914. Les travaux commencent sous l’impulsion du président Joseph Marien en 1915 et se terminent en 1919 avec un match de gala contre l’AC Milan. Le stade sera restauré en 1926 avec une nouvelle tribune dont la façade est classée. De nouveaux travaux afin de le rendre conforme aux normes de la pro-League auront lieu en 2016-2018. L’Union devra s’exiler au Heysel pendant ces deux saisons. Malgré ces travaux, un déménagement dans un stade moderne parait inéluctable.

[Inventaire des archives relatives aux réceptions et cérémonies officielles, dossier n°66, 1919. Commune de Saint-Gilles.]

 

[Inventaire des archives relatives aux réceptions et cérémonies officielles, dossier n°66, 1919. Commune de Saint-Gilles.]

 

[Inauguration du stade Joseph Marien, dans Notre pays : revue panoramique belge, no. 8, 5 octobre 1919]

 

[Façade du stade Joseph Marien, 1926. Collection Union 1897 – Les Archives]

 

Dans les années 1930, le club de la Butte rentrera dans la légende du football belge avec la fameuse « Union 60 » qui doit son nom à une série historique de 60 matches sans défaites entre 1933 et 1935. Record qui est toujours d’actualité.

[Vue du stade Joseph Marien lors d’un matche Union-Standard, février 1936. Collection Union 1897 – Les Archives]

 

[Equipe Union 60, colorisé. Collection Union 1897 – Les Archives]

 

Après la seconde guerre mondiale, l’Union stagne, elle est même reléguée pour la première fois de son histoire en Division 2 au terme de la saison 1948-1949. Elle ne remonte qu’en 1951. Toutefois, les supporters vivent encore de belles aventures dans les années 50 avec 17 matchs de coupe d’Europe contre des équipes comme la Juventus, la Roma ou encore l’Olympique Marseille. Elle fut la première équipe Belge à jouer une demi-finale de coupe d’Europe en 1959 (élimination face à Birmingham City). Durant les années 60, l’USG fait l’ascenseur entre la D1 et la D2 à deux reprises avant d’être à nouveau reléguée en 1973. Club familial, l’Union ne franchit pas l’écueil du professionnalisme.

[Lettre du 19 mars 1946. Inventaire des archives relatives aux cercles et sociétés communales, dossier n°286. Commune de Saint-Gilles.]

 

[Paul Vandenbergh, légende de l’Union. Collection Union 1897 – Les Archives]

 

Pour l’Union la période la plus sombre commence : faillite en 1976, relégation en division 3 en 1980 et en promotion l’année suivante. Elle remonte deux ans plus tard.  Les années suivantes elle végète entre la division 3 et la division 2.

L’Union remonte en division 2 en 2014 grâce à l’arrivée de Jürgen Baatsch, mécène Allemand, et se stabilise dans la nouvelle compétition à 8 équipes malgré un budget étriqué.

L’éclaircie arrive après le rachat du club en 2018 par le propriétaire anglais de Brighton and Hove Albion, Tony Bloom. Le club, revoit ses ambitions sportives à la hausse. Si le premier coup d’éclat sera une victoire cinglante (0-3) sur le voisin du Sporting d’Anderlecht lors de l’édition 2018-2019 de la coupe de Belgique, puis une accession à la demi-finale de cette même coupe après une victoire face au KRC Genk, l’Union devra encore attendre 2021 pour une remontée historique en D1A. Saison durant laquelle le club aura survolé le championnat.

Suite à cette remontée, l’Union reste sur sa lancée en marquant encore une fois l’histoire. En tant qu’équipe promue, les Unionistes remportent tout d’abord le titre de champion d’automne avant de terminer le championnat régulier à la première place avec 77 points. Durant les play-offs, celle-ci se fait dépasser par le FC Bruges plus habitué à ce genre de compétition. Elle terminera à la deuxième place synonyme de qualification pour les éliminatoires pour la champions League !

Dans cette compétition, lors de la double confrontation avec les Glasgow Rangers l’Union paiera également cher son inexpérience à ce niveau en étant éliminés malgré une belle victoire 2-0 à l’aller. Le club continuera la saison en Europa League.

Cette année le club fête ses 125 ans et son avenir semble à nouveau sourire. Les grands clubs ne meurent jamais.

[Ecusson sur le vitrail dans le hall principal du stade Joseph Marien.]

 

Liens :

https://rusg.brussels/

https://fr-fr.facebook.com/Union1897

 

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Sport

La Société de gymnastique de Schaerbeek

À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, on se préoccupe de plus en plus de l’éducation physique, des jeunes gens en particulier. Partout en Europe, des associations sportives voient le jour et prônent la « santé par l’exercice ». La Fédération belge de Gymnastique est fondée en 1865 avec pour but de propager la pratique de la gymnastique. Elle patronne également des sociétés plus locales.

La Société de Gymnastique de Schaerbeek est créée en avril 1873. C’est la première du genre dans l’agglomération bruxelloise. Parmi ses fondateurs, on trouve l’échevin Albert Cuelens et Constantin Jénatzy, futur conseiller communal et père de Camille Jénatzy qui deviendra un célèbre pilote automobile (le premier à dépasser les 100km/h). Très rapidement, la société compte plus d’une centaine d’adhérents.

Le premier local utilisé par la Société est une dépendance du Pré catalan, un théâtre-guinguette situé au bout de la rue de Cologne. Ensuite, l’administration communale, soucieuse de favoriser l’éducation physique, met à disposition l’ancienne église Saint-Servais, rue Teniers, alors désacralisée. La nef sert aux exercices de boxe et aux passes d’armes, les bas-côtés sont réservés aux engins d’exercices (espaliers, barres, cordes, poids, etc.). Des vestiaires et des douches sont installés dans l’entrée.

[La Société de gymnastique dans l’ancienne église Saint-Servais,1888, gravure, Fonds Van den Haute, Archives communales de Schaerbeek]

[Exercices d’escrime derrière l’église Saint-Servais (rue Teniers), v. 1890, photo, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Membres de la Société de gymnastique posant dans l’ancienne église Saint-Servais, v. 1890, photo, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

En 1891, les autorités schaerbeekoises décident d’installer la nouvelle école de dessin dans la vieille église, obligeant la Société à déménager provisoirement vers l’école moyenne des garçons, chaussée de Haecht. Au début du XXe siècle, les travaux de la nouvelle école n°1, rue Josaphat débutent. La construction d’un grand gymnase est prévue à l’usage, entre autres, de la Société. Une grande fête d’inauguration de ce gymnase est célébrée le 12 octobre 1907 avec au programme diverses démonstrations d’exercices et de joutes.

[Façade du gymnase rue Josaphat 241 (architecte: Henri Jacobs), 1907, plan, Archives communales de Schaerbeek]
[L’intérieur du gymnase rue Josaphat, sd, photos, Archives communales de Schaerbeek]
[La Société de gymnastique dans son gymnase rue Josaphat, sd, photos, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

Dans les premiers temps de son existence, la Société a du mal à payer des professeurs et compte sur des cours donnés par des bénévoles. Cependant, la Société arrive, petit à petit, à recruter des professeurs de qualité. Un cours gratuit pour garçons est mis en place. Un cours d’armes est organisé à partir de 1875 et un cours de gymnastique pour jeunes filles est organisé à partir de 1877.

En 1908, la Société engage un professeur de natation qui peut donner ses cours dans le bassin attenant au gymnase de l’école n°1. À la fin des années 1920, le handball s’invite parmi les quelques sports pratiqués à la Société. Ainsi, des milliers de jeunes schaerbeekois peuvent profiter d’un enseignement de qualité. Un bulletin mensuel est aussi édité dès la fondation de la Société afin de promouvoir encore plus les bienfaits du sport.

[Les professeurs en 1909, photo, Archives communales de Schaerbeek]

[Affiche, sd, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Programme des cours, 1919, Archives communales de Schaerbeek]

[Section de handball devant le Palais des sports, 1934, Archives communales de Schaerbeek]

 

À la fin du XIXe siècle, l’enseignement de la gymnastique en Belgique est fortement influencé par des théoriciens allemands, dont Jacob Happel qui publie plusieurs manuels de gymnastique. Selon cette méthode, chaque série d’exercice est prévue pour « exercer le corps intégralement, en faisant mouvoir tous les membres sexlatéralement (sic), c’est-à-dire dans toutes les directions et proportionnellement en exerçant chaque membre un nombre égal de fois, tout en neutralisant l’influence pernicieuse résultant des mauvaises attitudes que l’homme contracte pendant ses occupations journalières ». C’est cette méthode qui est prodiguée par la Société de Gymnastique à Schaerbeek.

[« La Gymnastique belge en l’honneur de J. Happel », sd, Archives communales de Schaerbeek]

 

Régulièrement, la Société de Gymnastique participe aux fêtes communales, l’occasion pour ses membres de montrer au public ce qu’on leur a appris.  Le parc Josaphat, et ses larges espaces ouverts, est le lieu idéal pour ces manifestations. Le 26 juillet 1914, la plaine des sports, située au nord du parc Josaphat, est inaugurée en grande pompe et des démonstrations sportives ont lieu. La Société de Gymnastique a été une des chevilles ouvrières de ce projet qui voit le jour à la veille de la Première guerre mondiale. En 1922, la Société reçoit l’autorisation d’effectuer des exercices sur la pelouse de l’avenue Louis Bertrand, en face du Palais des sports.

[Démonstration en plein air au parc Josaphat, 25 juillet 1909, photos, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]
[Inauguration de la plaine des jeux et des sports, 1914, photos, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

[Uniformes de cérémonie, sd, photo, Fonds iconographique, Archives communales de Schaerbeek]

 

La Société de Gymnastique a pris aussi une part importante dans la vie associative schaerbeekoise en organisant, plusieurs fois par an, des fêtes de gymnastique au profit des Hospices, du Bureau de Bienfaisances ou encore d’œuvres scolaires schaerbeekoises. Ces soirées caritatives sont également l’occasion de faire la démonstration des enseignements dispensés, et par là, engranger de nouveaux membres. Ainsi tout le monde y trouve son compte.

[Programme du gala du 28 novembre 1908, Archives communales de Schaerbeek]

[Chant des gymnastes, Archives communales de Schaerbeek]

[Diplôme-hommage à Jean Beniaux, sd, Archives communales de Schaerbeek]
[Médaille de la fête de gymnastique du 4 août 1878, Archives communales de Schaerbeek]

 

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